Israël a déménagé!

Voici un livre (*) bourré de géographie consacré à un pays dont l’emménagement au Moyen-Orient n’était pas passé inaperçu. Pour l’auteure historienne, d’origine juive enquêtant sur les Juifs en Europe, c’est le moment de comprendre ce qui se passe dans l’ancienne Palestine. Membre fondateur de l’European Council on Foreign Relations, Diana Pinto revient sur ses voyages à Jérusalem et Tel Aviv à la mi-2011. Pour elle, Israël s’est bâti sur le sable d’un territoire désertique mais il a la tête ailleurs, dans le cyberespace mondialisé et surtout attiré par l’Asie. Elle utilise la métaphore de l’aquarium pour montrer que dans ce territoire, juifs, arabes et étrangers ne se rencontrent pas. Elle parle d’une bulle qui protège Israël de l’extérieur et d’une tente qui le relie à sa diaspora. Au diable, le voisinage arabe ! Le mur dressé dans le pays l’enferme dans une forme d’autisme territorial peu commun au XXIe siècle. La géopolitique et ses mots magiques comme le « processus de paix » ne semblent plus adaptée pour comprendre comment Israël vit entre ses hommes d’affaires mondialisés, ses artistes et intellectuels délocalisés, sans oublier les « ultras » qui sont dans leur monde à eux. Comment faire la géographie d’un tel pays ? Israël se déploie maintenant sans ses chars aux quatre coins du monde. Le territoire n’est plus qu’une « base, un pied-à-terre pour le peuple » mondialisé pendant que ceux qui sont reclus sans cybernétique se sentent pris au piège du territoire. C’est pour eux que Diana Pinto a écrit ce livre.

Diana Pinto, Israël a déménagé, Stock, 2012

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