New York, ville verte

New York, ville verte

Verte ? Central Park, me direz-vous. Que nenni ! Verte, pour ses toits plantés comme dans aucune autre ville qui récupère ainsi les eaux de pluie, s’isole du froid et du chaud, se fournit en énergie solaire. Les toits de New York que vous ne voyez pas de la rue font partie intégrante, grâce au maire Michael Bloomberg, d’un plan de développement durable à trente ans qui compte aussi de nouveaux parcs, plus de 300 km de pistes cyclables, des taxis et bus hybrides, un million d’arbres nouveaux. La belle affaire, diront les Allemands qui, eux, plantent chaque année l’équivalent de trois Central Park sur leurs toits… Néanmoins, les New Yorkais utilisent peu d’automobiles, vivent dans des logements compressés, marchent beaucoup. New York, modèle de ville durable ?  Les toits réduisent les factures énergétiques et offrent l’espace pour être dans la nature, le vent, le soleil et la pluie. Le Corbusier écrivait déjà en 1923 (Vers une architecture) qu’il fallait récupérer sur les toits ce que l’habitation avait enlevé au sol. Et il ajoutait que les habitations devaient être blanches, anticipant ces milliers de toits blancs à l’albedo très fort.

Comme Venise, New York est une exception sur notre planète qui méritait bien cet hommage superbe du talent d’Alex MacLean.

Mais il y a un hic : la revue Environnement et pollution (université technique de Berlin) publie en 2012 des statistiques plutôt effrayantes : ces jardins urbains donnent des légumes avec des taux de contamination au plomb, cuivre, zinc, cadmium et chrome jusqu’à onze fois les teneurs autorisées par les limites européennes… Pour le paysage, c’est gagné, pour la santé, c’est un autre chapitre.

Alex MacLean, Sur les toits de New York. Espaces cachés à ciel ouvert, Dominique Carré Editeur-La Découverte, 2012

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