Géographie de la bêtise et de la stupidité

Les titres de ces livres ont intrigué plus d’un lecteur. Carlo Cipolla, historien à Pise et Berkeley, travaille sur le pourcentage d’individus stupides dans une population, y compris chez les prix Nobel qui en comptent quelques uns (p. 24). Ce best seller, de longue date, donne de belles analyses sur le rôle des partis politiques et des bureaucraties dans le déploiement de la stupidité. Et si le pourcentage de stupides ne faiblit pas, c’est parce que « la démocratie s’est substituée à la religion ».

Dans sa Géographie de la bêtise, le propos est moins ambitieux, moins scientifique mais romancé. Max Monnehay fait appel à un personnage recruteur d’âmes en peine sous la forme d’un tour de France destiné à remplir un village d’idiots. Cette communauté attire des indésirables et parvient, non sans peine, à faire bouger la frontière entre la bêtise et ce qui s’en distingue. Agrémentée de « leçons de géographie » (sur les mégalopoles, les langues régionales, l’exode rural, etc.) et d’anti-leçons, cette fable peut être désopilante mais on n’atteint pas les sommets du Calvados que nous faisaient grimper Bouvard et Pécuchet.
G.F.

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