Le loup, animal géopolitique ?

Nous n’en aurons jamais fini avec Canis lupus. Voici vingt ans qu’il est revenu dans les Alpes après avoir disparu près de soixante ans. La convention de Berne (1979) a assuré sa protection et il est réapparu par les Apennins, les Alpes, le Massif-Central et les Pyrénées. Depuis 2011, il rôde dans les Vosges et le Jura. 200 loups distribués en vingt meutes qui chassent impunément parmi les 7,5 millions de moutons en France. Interrogez les éleveurs à qui on complique singulièrement la tâche alors qu’ils luttent contre la friche dans les montagnes. Le chien patou protège un troupeau mais ne dissuade pas le loup de revenir… On autorise bien quelques abattages, « des tirs de défense qui font partie des relations ancestrales » selon le géographe Farid Benhamou (Réforme, n°3473). Mais pour l’historien Thomas Pfeiffer, « c’est la ville qui fait le territoire et les citadins sont largement favorables au retour du loup ». L’ours et le loup, « images de la wilderness, emblématiques de notre rapport au sauvage ». Mais, fait remarquer Bernard Koechlin (n°3476), l’ours et le loup ont été réintroduits dans les Hautes-Pyrénées et les Alpes maritimes, très loin de l’Ile-de-France, sans moutons, qui pourrait les accueillir dans les forêts de Rambouillet et de Chantilly, voire au bois de Vincennnes « sous le regard attendri de nos écolos en chambre ». Bien dit, Bernard !
G. F.

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