Les villes peuvent-elles anticiper le climat de la fin du siècle ?

La canicule à Paris en 2003

Alors que de nombreux scientifiques doutent de la fiabilité des modèles climatiques de Météo France, la mairie de Paris a pris pour argent comptant une étude menée conjointement avec le centre scientifique et technique du  bâtiment (CSTB) pour prévenir les pics de chaleur liés au réchauffement climatique. Comme si la canicule de 2003 rôdait toujours sur la capitale avec la grande faucheuse… Baptisé Epicea, ce projet qui prévoit une « hausse de la température de l’air comprise entre 2 et 4  °C » variable selon le niveau d’urbanisation. « Les pics de chaleur et les canicules, actuellement rares dans la capitale, seraient courants à la fin du XXIe siècle », préviennent les chercheurs. Paris enregistrerait de 10 à 25 jours de canicule par an contre un seul jour aujourd’hui et un réchauffement moindre en banlieue, selon Julien Desplat de Météo France.

On ne s’étonnera pas que la géographie de la chaleur privilégie les arrondissements de la rive droite, plus en cuvette que la montagne Sainte-Geneviève.
En revanche, on s’étonne que la mairie ait pris pour argent comptant cette étude. Avec, à la clé, des propositions de projets très coûteux : la couverture des toits et des façades par des matériaux réfléchissants (impact : – 1 à 3°C dans le centre), ou encore le semis d’herbe arrosée sur les 1200 hectares de terre nue et de chaussée large (impact : moins de 2°C de baisse).

Météo France aime prendre le ton catastrophique qu’il faut pour « scénariser » la canicule de 2003 qui a provoqué le décès de 2 à 3000 personnes (âgées ou en mauvaise santé cardiaque).

Des villes suivent ces précautions : Tokyo tente d’humidifier ses chaussées. New York repeint des façades et des toits en blanc, en installe des jardins qui font écran. Un peu de débat citoyen, Monsieur le Maire !

 

Pour en savoir plus :
Lire Epicea : http://www.cnrm.meteo.fr/spip.php?article271

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