« Global Center » à Chengdu 成都, une Silicon Valley chinoise

Avec la Chine qui monte, qui monte, qui monte, la course à l’identité est lancée. Une course mondiale pour faire sortir les villes de leur anonymat. Dans le Sud-Ouest de la Chine, la métropole de Chengdu se hisse sur le podium avec un « plus grand bâtiment du monde d’un seul tenant ».

Un bien géographiquement nommé « Global Center » dans ce qui fut l’Empire du milieu et qui tient du « global » non pas une forme sphérique mais une ambition mondiale. Ce mot de globe, apparu à la Renaissance, outre sa forme sphérique, a une image totalisante qui plaît aux 14 millions d’habitants de l’agglomération.

A l’intérieur, les Chinois installent une plage artificielle avec des toboggans, une mer d’eau douce protégée du ciel par une verrière protégeant un volume de la taille de « vingt opéras de Sydney » selon les architectes. Chengdu entre de plain pied dans l’univers marchand mondialisé, à l’image des mall des villes riches où les centres commerciaux rivalisent de taille et de volumes, mais aussi des hôtels de luxe, des cinémas, des équipements « climatiques » comme un village « méditerranéen » et une patinoire. Une liste superlative à compléter comme on veut avec tout ce qui est excentrique, y compris un… bateau pirate !

Une opération urbaine gigantesque

Ainsi que Dubaï avec sa piste de ski en toutes saisons, Chengdu située à plusieurs milliers de kilomètres de la mer aura sa plage de plus de 5 000 m2, une coulée pour le rafting, des promenades chic digne de Cannes et de Nice, un bord de mer pour la dégustation de fruits de mer. Amateurs de paysages, les Chinois fermeront l’horizon par un écran à diodes électroluminescentes.

Le bâtiment n’est pas seul : en face, le « Centre des arts contemporains de Chengdu », dont l’architecte est Zaha Hadid, de nationalité anglo-irakienne n’est pas qu’un musée mais il accueille un opéra. Entre les deux, une fontaine musicale et ses jets défiant celui de Genève.

Chengdu est prise par la fièvre immobilière et urbanistique : de deux lignes de métro en 2012, la métropole passe à dix lignes en 2020 dont une dessert un deuxième aéroport en chantier. Elle se veut une nouvelle « Silicon Valley » mais on ne voit pas d’universités dans le projet tel qu’il a été présenté en Europe fin 2012. Une « vallée du silicium » sans puces électroniques, mais du géant, du massif et du clinquant. De quoi réveiller Mao.

Au cours de l’histoire, l’Occident d’origine gréco-latine avait listé plusieurs fois les « sept merveilles du monde ». Nul doute que l’UNESCO va produire une de ces listes prochainement qui « mondialisera » ces records… quelque peu dérisoires.

 

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