Niemeyer, l’échec de l’urbanisme au XXe siècle ?

Dans le concert de louanges qui s’élève au-dessus de la dépouille d’Oscar Niemeyer (1908-2012), notre petite voix se veut dissonnante  envers l’urbaniste qu’il fut et non l’architecte forcément « génial » de la cathédrale, du Parlement, du Congrès de Brasilia. L’homme de Rio de Philippe de Broca, avec Jean-Paul Belmondo, rend compte de la folie que fut Brasilia. Une capitale commandée par Juscelino Kubitschek venant d’être élu président du Brésil en 1956. Certes, le plan d’urbanisme réalisé par Lucio Costa n’était pas de Niemeyer mais le bilan global plus que critiqué de ce transfert d’une fonction politique dans une ville qui n’existe pas n’efface pas le manque de « vision » de ceux qui précisément auraient dû en avoir une. Ou alors, un architecte et un urbaniste, ça sert à quoi ?

Brasilia, un échec de l'urbanisme moderne?On ne tire pas sur un cercueil. Mais l’autosatisfaction de Niemeyer a quelque chose de dérangeant que sa bonne santé qui le conduit à l’âge de 104 ans n’excuse pas : « Je me sens en paix avec moi-même parce que je crois en ce que je propose. » (Niemeyer paroles d’architecte,Jean Petit, Éd. Fidia). L’histoire jugera.

Le siège de Mondadori (vers Milan)

Mais s’il faut désigner par le label UNESCO la ville du Havre pour apprécier sa niemeyerienne Maison de la culture, on n’en trouvera pas moins laide, pour ne pas dire plus, cette verrue qu’est le siège du Parti communiste à Paris. Qu’importe ! Le vaillant Oscar était fier de son oeuvre près de Milan où Mondadori lui commandait son siège social : « Une version moderne du temple grec » se vantait-il. Et si le péché de l’urbanisme et de l’architecture urbaine au XXe siècle n’était pas le défaut d’humilité ? Cette question me rappelle celle d’un collègue affirmant qu’« on ne fait pas de la géographie avec des bons sentiments. » Pourquoi pas ?

 

 

 

 

.

2 380 vues

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :