La guérilla urbaine, une fiction militaire?

Une attaque inopinée a eu lieu à Goa, au Mali, le 11 février dernier. Les « rebelles islamistes » de la MUJAO (Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest) ont réussi à venir jusque dans le cœur de la ville. Ils l’ont fait avec la quasi-certitude d’y laisser la peau. Mais ils ont réussi leur coup: montrer que le contrôle du nord Mali, sa « reconquête » est très relative et qu’ils sont prêts à frapper où bon leur semble. Le nom du mouvement est significatif (même s’il ne correspond sans doute à aucune réalité chez ses membres): l’unité (Tawhid) est l’un des fondements de l’islam, pris au sens littéral par les islamistes. Quant au jihad, il est aussi pris au pied de la lettre, comme une lutte. Mais contre qui, et pour quoi? Probablement pas pour défendre la religion.

Rappelons que les « rebelles » ont détalé devant l’avancée de l’armée franco-malienne. Ils se sont cachés un peu partout, quitte à finir entre les mains de la population malienne. Certains ont fui vers la Libye. D’autres dans le massif des Ifoghas, encore appelé l’Adrar des Ifora, massif montagneux du cœur du Sahara, terre touarègue. Comme l’avait fait remarquer Hillary Clinton, cet endroit reculé, inhospitalier, est très accidenté et criblé de grottes et cavernes. Toute ressemblance avec les grottes de Tora Bora, en Afghanistan, lieu de la traque manquée de ben Laden, ne saurait être que fortuite… Qui pourra les débusquer là-bas? On a parlé de « fourchette à escargots » à ce propos!

On peut parler de guerre dissymétrique, ou de guerre d’évitement. Mais tenir un aussi vaste territoire que ce nord-Mali, presque un deuxième pays, risque de s’avérer difficile.

La tentative de guérilla urbaine déclenchée à Gao risque de faire long feu car la population est majoritairement très hostile aux « islamistes ». Les exactions à leur encontre ont été nombreuses. Parler de guérilla relève plus de l’abus de langage en faisant croire qu’une attaque surprise pouvait être assimilée à un effort constant et organisé. C’est plus vers le nord du pays que se trouvent les forces de résistance à présent.

Mais comme le remarquait la presse, le Mali a aussi connu ses premiers attentats suicide, qui se banalisent un peu partout. C’est une géographie macabre mais elle existe…

Cela prouve au moins une chose, c’est que le fanatisme allié à une certaine forme de politique donne des résultats pour le moins surprenants.

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