Le Front populaire entre dans le métro (Paris)

Nos trajets en bus, métro, auto, train sont bercés par des toponymes qui sont autant de bornes dans nos vies. L’autre jour, dans le métro parisien, ligne 4, des Japonais me demandaient pourquoi les stations de la rive gauche commençaient toujours par le mot « saint » : Saint-Michel, Sainnt-Germain-des-Prés, Saint-Sulpice, Saint-Placide…. Y avait-il ici un territoire « saint » qui justifiait qu’on accroche au métro de telles références ? En fait, nous nous trouvons dans le périmètre de la puissante abbaye de Saint-Germain des Prés qui avait semé ses prieurés, lesquels ont servi de points d’ancrage à de nombreuses congrégations religieuses venant former leurs « cadres » à côté de la Sorbonne, de l’Institut catholique et des Jésuites de la rue de Sèvres.

Une nouvelle station rutilante

Aujourd’hui, nommer les lieux est une opération toute aussi délicate. La ligne 12 du métro qui vient de franchir le périphérique pour atteindre la ville d’Aubervilliers en Seine-Saint-Denis (encore un saint !) inaugure une 302e station superbement équipée (photo) pour recevoir 15 000 voyageurs par jour se dirigeant vers Saint-Lazare (encore un !) et Montparnasse (référence grecque). La frontière a été franchie non sans mal, si l’on compte les deux ans de forage nécessaires pour étendre le réseau sur 3,8 kilomètres.

Alors, les noms des stations ? Références à la gauche et à la littérature de combat : Front Populaire pour celle-ci, et Aimé-Césaire pour la prochaine livraison vers 2016-2017. Les saints et autres Filles du Calvaire (ligne 8) vont-ils aller en enfer ? La déchristianisation de l’Occident, la négritude, ça passe aussi par des toponymes.

 

 

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