Pas de lieux sans corps (Francine Barthe)

On tombe sur Inventer le masculin de Daniel Parrochia (Champ Vallon) et voici qu’arrivent « Les espaces de la masculinité » de la revue Géographie et cultures. Qui nous ramène illico à la notion de corps. Car qu’ils soient masculins ou féminins, les corps humains fondent la notion de lieu. Les chercheurs ont travaillé depuis un siècle sur le corps féminin. Pour le corps masculin, la situation est plus contrastée, car les études sportives l’ont abordé sans vraiment aller plus loin que le corps athlète.

Avec « Les espaces des masculinités » dirigé par Charlotte Prieur et Louis Dupont, on chasse sur le terrain des normes pour explorer « le dur à cuire », le « macho », le « spartiate », le « gay efféminé », le « garçon manqué ». Stéphane Leroy chasse, lui, sur le terrain de la drague dans le bois de Vincennes, prélude aux men’s studies qui vont conduire vers des horizons sans doute moins subversifs.

Terrasse d’un bar (Paris-1er arr.)

Olivier Milhaud et Gwénola Ricordeau explorent dans les prisons « l’articulation du sexe et de l’espace », et constatent finalement que les représentations des rôles sociaux perdurent dans l’univers carcéral en dépit d’une interdiction des pratiques sexuelles. Dans la lignée de ce qu’avait tenté Pierre Gentelle, Nicolas Boivin travaille sur les territoires du sexe avec un étonnant entretien entre Charlotte Prieur et Luc Provost, alias Mado qui « n’est pas un homme, ni une femme, mais une chose intelligente »…

Un numéro surprenant qui ne prend pas tellement en compte les masculinités hétérosexuelles (le cas DSK, par exemple) mais reste un jalon essentiel pour comprendre les corps en jeu avec l’espace géographique. « Pas de lieux sans corps », écrivait Francine Barthe, la directrice de la revue. On ne saurait mieux dire.

 

Pour en savoir plus :
un article des Cafés géo sur le Marais

 

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