Milhaud et Claudel, deux Français au Brésil

Qu’est-ce que la géographie ? Réponse très simple : la rencontre. La rencontre de deux mondes, deux entités spatiales qui tentent l’impossible : gommer la distance, s’enrichir de la différence. La géographie serait alors le contraire de la guerre.

A Rio de Janeiro (Brésil), Darius Milhaud, un musicien français, est embauché en 1917 auprès d’un diplomate déjà fort connu, Paul Claudel. Milhaud se passionne pour les musiques latino, il rencontre le compositeur Heitor Villa-Lobos. Et il est soufflé du niveau de connaissance élevé de la musique européenne, de Brahms à Debussy. Mais il se demande pourquoi les Brésiliens diffusent si mal leur musique que personne ne connaît de l’autre côté de l’Atlantique.

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Darius Milhaud a l’idée de génie de composer à partir de musiques brésiliennes pour les mettre en valeur. Ce sera Le boeuf sur le toit que Jean Cocteau fera transformer en ballet. Cette histoire est racontée dans O boi no Telhado (1), pas traduit en français, où l’auteur, musicologue brésilien, Manoel Aranha Corrêa do Lago, explique que cette danse est, en fait un « tango brésilien« .

Le livre O boi no Telhado livre tous les secrets de cette convergence culturelle entre la France et le Brésil. On y lit des partitions brésiliennes de la Belle époque française. De l’érudit comme du populaire.

De quoi se réjouir qu’un compositeur français soit largement à l’origine de la définition  de l’identité musicale du Brésil.

(Source : Books, n°42, 2013)

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