Suisse : le bivouac de Cahuzac

Explication du blanchiment de fraude fiscale : le hic géographique de  Cahuzac. (source AFP)

Pierre Gentelle qui aimait tirer des flèches vers le ciel, aurait-il commenté le feu de paille qui a cramé la toile avec les aveux d’un ministre devenu un saint Sébastien du fisc ? Sans diriger la flèche vers ledit ministre, Pierre aurait sans doute vu un être humain « normal », bosseur, sans doute un peu coucheur, tricheur, menteur, quelques autres qualités et défauts en sus. Notre Cassandre géographe aurait grincé sur le coût que les riches imposent aux contribuables sur leurs démêlés avec le fisc (Bettencourt, Depardieu, etc) mais sans doute  noté que désormais, les Suisses ne se sentent plus tout à fait sur une île.  Et que les États, pratiquant  la guerre économique, « coopèrent » au  pénal.

Des barrières sont-elles en train de tomber entre la France et la Suisse qui ont hissé le drapeau blanc sur d’autres dossiers odorants comme les fromages ou la pollution du Rhin ? « Les banques ont coopéré, elles ne sont pas incriminées » tient à préciser sobrement le procureur suisse du ministère public genevois, Jean-Bernard Schmid. Quand on connaît la foire d’empoigne à laquelle se livrent les ministères publics sur les questions fiscales, le constat est un aveu. Comment en est-on arrivé là ?

De plus en plus poreuses au droit international, les frontières politiques n’ont pas endigué la remise en cause d’une distinction entre fraude fiscale et soustraction fiscale, la seconde étant souvent vue comme préalable au blanchiment d’argent, criminalisé dans la plupart des pays. D’autres pressions de la part du Groupe d’action financière (GAFI) ont poussé les Suisses à modifier la législation, autant pour les résidents étrangers que.. pour eux.

On pense aux coups de tonnerre d’un Jean Ziegler, traîné dans la boue lorsque parut en 1990, La Suisse lave plus blanc. La crise aura raison des craintes d’une bonne lessive sur la planète financière. Mai l’essoreuse va pousser les financiers à inventer de nouvelles modalités de fraude et de nouveaux paradis fiscaux off shore. Le fric-frac de Cahuzac n’est pas le dernier.

 

 

 

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