Un séjour à Naples 2: voir Procida et revenir

Sortir de Naples peut parfois être salutaire, tant la vieille ville est exiguë et turbulente.  Rien de tel alors que de prendre le bateau pour l’une des îles du golfe de Naples. En moins d’une heure, on est sorti des embarras de la ville et l’on peut ainsi découvrir un autre visage de la Campanie. Ischia, Capri et Procida sont les îles principales. Procida est la moins connue, et aussi la plus petite des îles du golfe.  Lieu de tournage du film il Postino, Procida semble un peu irréelle, avec ses maisons aux couleurs vives et ses ports un peu assoupis en milieu d’après-midi. On est à 40 minutes de Naples, le tumulte urbain en moins donc, et la beauté de la mer en plus.

Le monastère de Saint Michel Archange, au sommet de l’île, réserve quelques belles surprises. Les statues d’argent, les pietà plus vraies que nature et les bibliothèques peintes à fresque logées dans les profondeurs de la colline transportent dans une autre époque qui est encore celle des habitants d’aujourd’hui.

Le contraste avec la métropole est violent, mais donne aussi un autre aperçu de la vie quotidienne des populations de la Campanie. J’écris « des » parce qu’entre Secondigliano, faubourg misérable du nord de Naples, et les rues chic de Capri, il n’y a aucune commune mesure, sinon l’emprise plus ou moins forte de la Camorra. Le livre de Saviano, Gomorra, n’a fait que forger une légende noire pour Naples. Une de plus, qui vient s’ajouter aux autres, mais sans les remplacer.

Dans l’Antiquité, le golfe de Naples était le Saint-Tropez de l’époque, avec ses vedettes, ses hommes politiques, ses bains, marinas, villas luxueuses et autres palais impériaux. C’était ce que l’on appelait la Campania Felix, une région de villégiature d’une richesse et d’une beauté extraordinaires. A présent, on peut encore en profiter un peu, notamment par la cuisine locale, dont les Napolitains et Campaniens sont très fiers. Toute l’Europe a défilé là au XVIIIe siècle, et les journaux de voyage sont très nombreux qui décrivent la région. Tout cela a contribué à façonner une culture locale d’une très grande richesse.

Au soleil de Procida, on se dit que la vie peut aussi être douce à Naples.

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