Le Mississippi, héros de film

La mode est au Sud ? On aurait pu en douter avec le succès des vacances au froid du Canada ou dans les pays scandinaves que les économistes attribuent… au changement climatique ! Le Sud est une destination qui se vend bien au cinéma américain (Andrew Dominik, John Hillcoat, Lee Daniels, Benh Zeitlin). Pour Jeff Nichols qui vient de signer le film poignant Mud. Sur les rives du Mississippi, c’est le pays de l’enfance. Un pays de chasseurs, de pêcheurs évoqué par des maisons flottantes arrimées au bord du fleuve.

La nature peut vous prendre aux tripes mais aussi par les morsures de serpents tueurs, les courants traîtres déjà saisis par Mark Twain dans le très émouvant La vie sur le Mississippi (Payot). Dans le film de Jeff Nichols, Mud, le Mississippi est regardé par un enfant, Ellis. Une sacrée différence d’avec le regard de Terrence Malick à qui on lie souvent Nichols, 34 ans, jeune espoir du cinéma américain depuis Take Shelter (2010). Car Nichols, né dans l’Arkansas, un affluent du Mississippi, est fasciné par la boue (mud, en américain) sur laquelle vivent des populations qui découvrent, un jour, un bateau perché dans les arbres et rencontrent un curieux personnage.  Un type armé qui recherche…. l’amour de sa vie et demande de l’aide aux enfants.

De cette mince affaire humaine, le Mississippi se trouve être le héros du film : îles, méandres, arbres deviennent les métaphores du sentiment amoureux vu par des enfants. Un parcours labyrinthique suivi par des comédiens superbes dans leur rôle (Matthew McConaughey, Sam Shepard, Reese Witherspoon et les deux enfants Jacob Lofland et Tye Sheridan).

Le Mississippi, ainsi nommé par les Indiens Ojibwés pour qui il était le Meschacebe, le « père des eaux » n’a jamais mieux mérité son nom. Une hymne à l’enfance qui s’enfuit avec les eaux troubles du fleuve.

La bande-annonce du film ici

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