Un séjour à Naples 4 (et fin): le Vésuve

Le Vésuve est un mythe qui se vit tous les jours à Naples et sa région. Personnage immense et apparemment débonnaire, il est cependant l’objet d’une attention constante de la part de l’Observatoire du Vésuve, l’un des premiers du genre. Car ici, comme à San Francisco, on attend le « big one », la prochaine éruption qui sera, on en est sûr, aussi violente et destructrice que celle de 79. Mais personne n’est capable de dire quand elle surviendra…

The Last Days of Pompéi, 1959

La région de Naples, peuplée depuis la plus haute Antiquité, a connu toute une série de savants et de curieux fascinés par les prodiges de la Nature, à commencer par Pline l’Ancien, qui, s’étant trop rapproché de l’éruption de 79, celle qui détruisit Pompéi, y perdit la vie, suffoqué par les cendres du volcan.

Mort mythique d’un savant célèbre, elle servit de modèle pour « la mort de l’homme de science » dévoré par sa passion. La disparition des volcanologues Maurice et Katia Krafft fait ainsi étrangement écho à celle du Romain illustre, oncle de Pline le Jeune qui le premier décrivit avec précision, autant que faire se peut, une éruption volcanique qui depuis porte son nom.

Le Vésuve vu depuis les toits de la vieille ville

A présent, la métropole vit à toute allure pour, peut être, oublier le danger. Mais le Vésuve reste là, en lâchant quelques fumerolles pour bien rappeler qu’il n’est qu’endormi. Si l’on monte à son sommet, on retrouve toutes les caractéristiques du tourisme: vendeurs de souvenirs souvent affreux, comme ces petits crânes en basalte parsemés de paillettes roses et argent, lointain souvenir du culte des morts si cher aux Napolitains, boissons, glaces, cartes postales, et autres coffrets de minéraux présentés comme venant « vraiment » du Vésuve. Bref, un dépaysement total.

Mais si l’on scrute le fond du cratère, on perd l’échelle car rien n’est à taille humaine: on voit la trace de forces bien au-delà de notre mesure, des roches tourmentées et perturbées, déformées par les poussées volcaniques, des éboulis et des couleurs étranges. Et si l’on regarde autour, on aperçoit Naples éparpillée tout au long du littoral, et la mer tout au fond. La circonférence du sommet du cratère faisant plusieurs kilomètres, il faut du temps pour faire un tour complet.

Champ et contre-champ, la ville et le volcan se regardent et s’ignorent en même temps, jusqu’à la prochaine rencontre, qui devrait faire au bas-mot 80 000 morts du fait de l’impossibilité d’évacuer à temps toutes les populations installées de manière illégale autour du volcan. Le sujet d’un prochain film catastrophe, voir le Vésuve et mourir?

A moins que ‘l’on ne se console en mangeant un chocolat Vesuvio, imaginé par une célèbre maison napolitaine, manière d’exorciser le danger.

Le chocolat Vesuvio

 

1 659 vues

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :