Alep n’appartient pas à la Syrie mais au monde

BHL est l’un des plus horripilants médiacrates. Mais il sait alerter et trouver les mots (comme le titre de ce post que nous diffusons aujourd’hui) lorsqu’aux portes de la Méditerranée, la guerre n’en finit plus et hante nos esprits. Puisque le « syrian killer » Bachar el-Assad s’apprête à donner l’assaut à Alep, capitale économique et deuxième ville de la Syrie, BHL s’énerve que le G8 pérore en Irlande devant un Poutine « plastronnant à la télévision » alors qu’Alep va être « punie« , c’est-à-dire détruite, que ses habitants ou ce qu’il en reste vont fuir ou mourir.

« Les dirigeants occidentaux savent-ils qu’Alep est l’une des plus anciennes et des plus glorieuses métropoles de la planète ?

Savent-ils que c’est là, non moins qu’à Athènes, Babylone, Suse ou Persépolis, que fut inventée cette grande et belle chose qu’est l’idée même de ville et de civilisation par la ville ?

Alep et sa citadelle (classée à l’UNESCO)

Savent-ils que cette cité-monde qui fut la cité des Hittites et d’Alexandre le Grand, des Romains et des califes, des Omeyyades et des Fatimides, de Saladin et des Mongols, savent-ils que cette ville qui fut le point d’arrivée, au Moyen Age, de la route de la soie, est l’un des lieux du monde où se sont croisés, de tout temps, les langues, les religions, les arts et les cultures, et où ont donc cohabité, de tout temps aussi, Arabes, Turcs, Kurdes, Juifs, Vénitiens, Arméniens, Maronites, Grecs orthodoxes, Chrétiens syriaques et nestoriens, Coptes ?

S’ils se moquent des humains, si la chair syrienne déchiquetée par les obus ne leur fait finalement ni chaud ni froid, s’ils ont pu laisser franchir sans vraiment réagir la fameuse « ligne rouge » de l’emploi des armes chimiques qu’ils avaient eux-mêmes tracée, vont-ils laisser réduire à néant les milliers d’échoppes, les bazars aux portes de bois sculpté, les marchés aux cuirs et aux épices, les monuments sans prix, la citadelle chantée par tant d’écrivains et de poètes, qui sont un trésor vivant inscrit, en tant que tel, au patrimoine mondial de l’humanité ?

Alep livrée aux escadrons de la mort du Hezbollah, ce serait un nouveau carnage, venant ajouter ses victimes aux cent mille cadavres que compte déjà cette atroce guerre contre les civils. »

Il est encore temps d’internationaliser Alep pour éviter le pire.

 

 

 

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