Adieu les ZUS (« zones urbaines sensibles »)

Dans la torpeur de l’été, le gouvernement se mouille huit mois avant les municipales de 2014. Car le sujet de ce qu’on appelle, avec une légère condescendance, les « zones sensibles » est inflammable. Il y a dix ans, Fadela Amara de Ni putes ni soumises devenue ministre de la ville lançait le « plan Marshall des banlieues ». Bilan ? Un taux de pauvreté trois fois plus élevé qu’ailleurs, un taux de chômage deux fois et demi plus important…

Ils sont 4,5 millions d’habitants vivant dans ce qui s’appelait encore hier « zone urbaine sensible » (ZUS). Et l’État avait octroyé 2 400 contrats urbains de cohésion sociale concernant 9 millions de Français. Désormais, ce seront des « contrats de ville » signés par des responsables locaux, des agences régionales de santé, des collectivités territoriales et… des procureurs, voire des présidents de tribunaux d’instance.

Le repérage par le revenu des habitants (qui ont un revenu de 960 euros, hors prestations sociales) s’est fait par un carroyage de l’INSEE de 200 mètres par 200. Un secret très bien gardé ! Des villes vont sortir de la pauvreté, comme Palaiseau, la ville du ministre François Lamy, d’autres y entrer, notamment des quartiers excentrés. Débats houleux en perspective à l’automne au Parlement.

La nouveauté est de valoriser l’intercommunalité plus que la commune pour que les collectivités s’aident entre elles. Renaud Gauquelin, maire de Rillieux-la-Pape (Rhône) et président de l’association Villes et banlieue : « La géographie prioritaire a besoin d’une vision de long terme. L’idée d’un resserrement sur 1200 quartiers est approuvée » et la gestion en tandem sera encouragée (Les Echos, 31 juillet 2013).

Propos inflammables, car les élus exclus des anciennes politiques vont renâcler. Et les électeurs sont en embuscade.

 

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  1. gégé

    A la campagne, il y a beaucoup de pauvreté voire plus. On ne les inonde pas d’aides sociales, normal les pauvres des campagnes ne mettent pas le feu aux voitures pour une oui ou un non…
    Où sont passés les milliards injectés dans ces zones sensibles durant des décennies ?

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