Faites-vous peur avec les monstres de l’océan

Vous vous lassez des films avec des braquages de banque, des prises d’otages dans les avions, des enlèvements de fils Rothschild, Empain ou Peugeot ?

Embarquez vous pour l’océan Indien où la marchandise à rafler est moins glamour : des porte-conteneurs. Ce monde infesté de pirates cherche des noises à une cargaison scandinave. Mais le film va compliquer l’affaire, le cuisinier – le remarqué Philou Asbaek – va être pris en otage entre le PDG de la compagnie et les pirates somaliens.

Thomas Lindholm qu’on a vu à l’oeuvre dans Borgen doit se creuser la tête sur ce sujet un peu froid qu’est la démocratie parlementaire scandinave. Car ici, la partie de poker menteur entre les pirates et la direction de la compagnie bien au chaud à Copenhague pourrait traîner en longueur. Tout cela donne un excellent éclairage aux enfumages habituels des médias dans ces cas compliqués. Ne croyez pas que vous allez vous endormir : la crise est portée à l’incandescence jusqu’au bout et vous sortez de ce Hijacking, lessivé.

Ce qui n’est pas le cas avec les monstres de Pacific Rim. Surgis d’une faille (rim) au fond du Pacifique, ces bêtes défoncent San Francisco, Sydney, Tokyo, Vladivostok. Frédéric Pagès (dans le Canard) les trouve ressemblant aux gargouilles des cathédrales et tenant du Godzilla japonais. Eux, très grands, dans un scénario minuscule.

C’est l’univers de la vidéo qui bascule dans le long métrage : démesure, quasiment pas de prises de vue réelles, une 3D qui fait boum boum. Guillermo del Toro qui faisait arriver les vampires par avion dans La lignée, et dont on a lu ici ou là qu’il était « l’Orson Welles des années 2000 », devient un tératologue bien peu inspiré. On peut être, à la rigueur, attendri par la rencontre avec un monstre foetus, horrible vermine, qui nous vaut de nouvelles bombes atomiques balancées dans ce bel océan Pacifique qui porte si mal son nom.

L’adrénaline est désormais sur l’eau.

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