Le Bhoutan, premier royaume « bio » du monde ?

M. Gyamtsho, ministre de l’agriculture

Les petits pays (nous avons parlé de l’Uruguay, récemment) et qui ne font rien comme les autres nous donnent des leçons. Obama et ses grandes oreilles en ont sans doute bien besoin.

Voici une Suisse himalayenne (on n’est pas obligé d’avoir des banques et des vaches pour être suisse) qui veut se consacrer à l’agriculture verte. A 100%. Comme la Suisse (la nôtre, en Europe), ce pays comme tous les petits pays cherchent des atouts de compétitivité sur des niches qui les distinguent.

Le Bhoutan, à majorité bouddhiste, a tenté d’inventer autre chose que ce fichu PIB : le Bonheur national brut (BNB) dont certains éléments ont été repris dans les indicateurs onusiens, comme l’Indice de développement humain (IDH). Le Bhoutan se donne jusqu’à 2023 l’objectif de ne plus utiliser les produits chimiques pour ses aliments de base comme la pomme de terre, le blé, les fruits.

Cette annonce du ministre de l’agriculture, Pema Gyamtsho, tient à ce que son pays apporte une pierre à l’économie verte « nécessaire face à l’extraordinaire pression que l’homme exerce sur la planète« .  Parce que « le bouddhisme nous demande de vivre en harmonie avec la nature« .

Ils sont 700 000 habitants dans ces vallées himalayennes, dont près de 70% dépendent de l’agriculture, aussi bien dans les plaines du sud, forcément fertiles, et dans les vallées plus difficiles à mettre en valeur dans le nord. Ces terres cultivées ne représentent que 3% de la surface du territoire bhoutanais, la plupart du temps amendées aujourd’hui avec du compost fabriqué localement. Les productions du pays, connues à l’étranger, sont les champignons, les légumes pour le Japon et le Thaïlande, les pommes pour l’Inde et le riz rouge pour les Etats-Unis.

Le Bhoutan n’est pas le seul pays à visée écologique totale : une île pacifique, Niue, dans le sud de l’Océan, 1300 habitants, a comme objectif 100% bio d’ici 2020. A à la FAO, l’organisation des Nations unies pour l’alimentation, on prend ces choses au sérieux. Les petits pays peuvent être « compétitifs en qualité et non en quantité », pour la spécialiste Nadia Scialabba.

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Pour en savoir plus sur la « bio mania » : la Roumanie est en train de réfléchir à un avenir bio.
Car pour l’association Bio România, plus de 50% des exploitations agricoles roumaines pratiquent le bio (puisqu’ils n’utilisent pas d’intrants) sans être certifiées. Ce qui pouvait être un retard technologique est devenu un avantage. A condition de lever l’obstacle de la traçabilité.
D’après l’enquête de Jonas Mercier : « Depuis deux ans, Bio România a lancé un programme pour apprendre aux petits fermiers à mettre sur pied des micro-fermes bio rentables en obtenant des subventions de l’Union européenne. Et les résultats sont surprenants : en 2010 le pays comptait 3 100 agriculteurs bio, en 2012 ils étaient plus de 26 000 selon les chiffres officiels.Conséquence de la redistribution des terres après la chute du régime communiste en 1989, la Roumanie est le pays de l’Union européenne comptant le plus grand nombre d’exploitations : près de quatre millions, soit 32 % du total des 27 pays membres. Leur surface moyenne ne dépasse toutefois pas les trois hectares et, bien souvent, ces lopins de terre sont utilisés pour une agriculture de subsistance.Dans la campagne roumaine, il n’est pas rare de voir les chevaux tirer des charrues pour retourner la terre alors que le fumier reste très souvent utilisé comme seul fertilisant. Avec une consommation moyenne de 28 kilogrammes par hectare, la Roumanie est d’ailleurs, au côté du Portugal, le pays de l’UE qui utilise le moins d’engrais – la moyenne européenne se situe à 76 kilogrammes par hectare.Aujourd’hui, les aides versées durant la période de conversion obligatoire de deux ans ne couvrent même pas le coût de la certification, que le paysan doit obtenir chez un organisme certifié par Bruxelles. « De grosses exploitations agricoles qui auraient été intéressées n’ont pas osé faire le pas car le manque à gagner durant la période de conversion était trop important par rapport aux subventions », rappelle Marian Cioceanu. »

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  1. Bonheur National Brut (BNB) – lol… c’est bien trouvé ça ! On dirait bien que le bio est tendance en ce moment. Le monde se met au bio « l’économie verte ». Selon le bouddhisme, il est temps que nous vivions en harmonie avec la nature. C’est vrai ! Mais je ne suis pas vraiment prête à devenir végétarienne, j’aime trop la viande moi !

    Publié le 4 octobre 2013 à 14:59
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