Chinoises : la génération montante au Guizhou (2012)

La Chine : objectif numéro 1 mondial

Les deux petites frimousses ci-dessus : génération montante et mordante ? (Guizhou, été 2012)

 

Que sait-on réellement de la Chine ? Difficile tant l’information est verrouillée par le parti communiste et la censure, mais aussi les conditions de travail des chercheurs. Certes, la Chine « rêve » comme le clame la devise du président Xi Jinping sur lequel nous avons déjà écrit. Elle rêve de devenir la première puissance économique du monde, rappelle Sébastien Colin (Inalco).  En 2021. Le calendrier est fixé à l’« année du centenaire de la fondation du Parti communiste chinois ». Mais faire de la Chine « un pays fort avec un peuple riche », c’est un défi dont il faut prendre la mesure.

Sébastien Colin explique que 600 millions de Chinois vivent encore dans les campagnes. En insistant sur le niveau de revenus jusqu’à dix moins que celui des citadins. Comment imaginer que ces masses vont s’agglutiner en villes ? Ce n’est ni pensable, ni souhaitable. La question du revenu est très mal posée car le coût de la vie et des nuisances en villes n’est que rarement pris en compte.

Le jésuite Benoit Vermander, professeur associé à l’université de Shanghai, sermonne les Occidentaux qui s’inquiètent du développement chinois. Pour lui, le défi écologique est à relier au modèle de développement. Cela implique une approche non par secteur mais macroéconomique et globale (sociale et culturelle). C’est-à-dire une société civile qui émerge, une responsabilité sociale des entreprises qui se popularise. Alors que les Occidentaux doutent fortement qu’elle soit compatible avec la culture chinoise. A tort, car les Chinois partagent notre conception de l’égalité qui est « un concept existentiel chez eux, fortement lié à ceux de simplicité, rusticité et frugalité« .

Sur ce que les Chinois appellent un « pays fort« , Hérodote rappelle ce qu’est la puissance militaire et économique chez les voisins proches et dans les pays africains. On ne s’attarde peut-être pas assez sur le mépris des Africains vis-à-vis de ceux qu’ils prennent pour des nouveaux colons, même si les dirigeants (souvent corrompus en Afrique) passent outre.

La vraie question est surtout le rapport aux Etats-Unis et leur présence en Asie depuis 2011. Parce que la politique étrangère chinoise les inquiète. Gare aux tensions territoriales qui pourraient bien se terminer par de vraies guerres.

Un numéro très riche d’Hérodote qui nous vaut aussi un article de P. Pelletier sur la Chine et le Japon, une critique de B. Giblin sur « Le crime organisé en Chine » de He Bingsong (CNRS-Editions), le dernier ouvrage de F. Godement, « Que veut la Chine » (O Jacob).

 

Geographica a publié sur la « Silicon Valley » chinoise ici

 

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