Quand Michel Noir fit la lumière à Lyon…

Ci-dessus: Le tunnel de la Croix-Rousse mis en lumière par Hélène Richard et Jean-Michel Quesne, de l’atelier Skertzo. (Voir note, en fin d’article)

Quand Michel Noir fit la lumière à Lyon,
Les Lyonnais virent que cela était bon.

Les lumignons (jusqu’en 1989) avant l’époque des lasers

C’était en 1989, le mur de Berlin vacillait. L’édile de Lyon qui souffrait peut-être de porter un patronyme si austère décidait que les lampions sur les fenêtres, c’était bien, mais que les lasers seraient mieux. Pour mettre un peu de gaîté dans cette ville bourgeoise, un peu raide sur sa « presqu’île » entre Saône et Rhône.

Depuis, chaque année, c’est le même exploit que les ingénieurs de la lumière lyonnais rééditent sur leurs façades. En 2013, quatre-vingt sites dont le fameux tunnel de la Croix-Rousse rénové et le musée des Confluences, actuellement en construction. Mon ancien collègue et tuteur d’agrégation à Lyon, l’historien lyonnais Bruno Benoit, aime bien dire que « la Fête des lumières, c’est notre 14 -Juillet, mais en hiver ! » En réalité, le 14-Juillet n’est peut-être pas la bonne référence car le 8-Décembre lyonnais, c’est plutôt une fête religieuse, catholique. Mais la religion est si présente à Lyon qu’on en oublierait le 14-Juillet si le préfet n’était pas là.

Palais Saint Pierre (ancien couvent Visitation) Lyon

La ville accueille des centaines de milliers de personnes qui se pressent dans les rues du centre pour découvrir des scénographies aussi époustouflantes les unes que les autres : aucune place, aucune façade de la ville ancienne, aucun jardin n’est oublié des ingénieurs qui créent une nouvelle ville le temps d’un grand week-end.

On se demande ce qui a poussé Lyon a adopter avec autant de talent cet habit de lumière. Est-ce le fait que la ville n’a pas de monument d’un niveau national ? Son classement au patrimoine mondial avait été si compliqué qu’il incluait des quartiers éparpillés dans la ville autour de ce centre Renaissance qui est le plus vaste d’Europe après celui de Venise. Sans monuments exceptionnels, Lyon éclaire ses façades, à la manière d’un halo lumineux sur un personnage de scène. Mais avec le talent des coloristes, sans doute imprégnés de cet extraordinaire musée des Tissus.

Un Louis XIV magique, sous sa bulle, place Bellecour

C’est le plan Lumière de 2003 qui a voulu « célébrer » les nouvelles architectures (la Part Dieu, la Cité internationale, l’ENS, Confluences) et la géographie lyonnaise. L’écologiste urbaniste Gilles Buna, maire adjoint, aime à dire que c’est l’occasion de « vendre » la ville. 2013 accueille Dubaï et la Chine, des artistes comme Chantal Thomass et Jean-Charles de Castelbajac qui apportent leurs idées. Mais le clou de 2013, c’est le nouveau tube qui double le tunnel de la Croix-Rousse, un tunnel piétonnier.  L’occasion pour les créateurs de vendre leur savoir-faire à l’étranger où de nombreuses villes ont embauché des ingénieurs lyonnais, comme Damien Fontaine qui a mis en lumière le Bolchoï à Moscou et travaille pour un chantier de fouilles israélien.

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Pour en savoir plus :  www.fetedeslumieres.lyon.fr

 

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Lyon imagine le tunnel ludique pour piétons

(Vincent charbonner, Lyon. Source : Les Échos, 9 décembre 2013)

Le Grand Lyon a profité des travaux de mise aux normes du tunnel routier de la Croix-Rousse, pour transformer la nouvelle galerie de sécurité en passage ludique dédié aux piétons et aux transports en commun. Trois voies ont été aménagées dans ce « Tube », d’une largeur de 10 mètres. La travée centrale réservée aux piétons est bordée, d’un côté, par une piste cyclable bidirectionnelle et, de l’autre, par une voie de bus en site propre, chacune étant recouverte d’un revêtement spécifique et protégée par un muret. La galerie est équipée de tous les moyens de sécurité (caméras de surveillance, téléphones, appel d’urgence relié au PC de sécurité du tunnel…) et d’un système de ventilation garantissant un « air sain », selon ses concepteurs.

Pour rassurer les piétons et ne pas les dissuader de s’engager dans ce boyau, cette traversée de 1.763 mètres de longueur n’est pas rectiligne, elle serpente sous des parois animées. Les scénographes de Skertzo ont conçu douze séquences de 150 mètres ludiques et insolites, qui associent images en mouvement et jeux optiques, dont l’ordre de programmation est renouvelé. De courtes vidéos succèdent à des dessins d’élèves des écoles primaires du quartier, pour distraire le regard du promeneur, qui ne reste pas rivé sur le bout du tunnel. Cette ambiance lumineuse sur les routes de la soie, entre Lyon et la Chine, ou dans un cirque qui fait la part belle au roi des animaux, est sonorisée par Louis Dandrel, directeur du studio d’architecture Diasonic et responsable de l’unité de design sonore de l’Ircam. Ces animations sont alimentées par de l’électricité 100 % renouvelable fournie par la Compagnie Nationale du Rhône (CNR), dont le siège est à proximité.

 

 

 

 

 

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