Internet en France a vingt ans

Le Minitel, une impasse bien française

C’est en février 1994 que Sébastien Socchard, un entrepreneur né en 1969, annonce l’ouverture d’un service d’accès grand public à Internet. Avant ? On ne trouvait accès au net que dans quelques universités et quelques rares entreprises. A l’époque, Internet est une « banque de données et messagerie américaine » comme on pourra lire quelques mois plus tard dans Les Echos (1/6/1994).

Pourtant, Vinton Cerf et Robert Kahn ont échangé des données depuis 1974. La technologie est encore très récente : le célèbre HTTP date de 1991 et le premier navigateur graphique, Mosaic, de 1993 ! En France, on vit dans la glaciation du Minitel où se gavent en messageries roses le patron du Nouvel Obs, Claude Perdriel et… Xavier Niel. Près de 7 millions de terminaux, près de 30 000 services, près de 100 millions d’heures de connexion et 5 milliards de francs de chiffre d’affaires (équivalant à 1 milliard d’euros 2013).

En ce temps-là, les connexions sont facturées 80 francs l’heure (16,40 euros). Les business angels sont encore hésitants, mais certains comme le patron de Paribas, André Lévy-Lang, flairent la bonne affaire. Niel, sur ses conseils, lance Free. En même temps, les télécoms sont en pleine déréglementation. On rêve, on s’emballe, quand on lit les journaux d’alors. Les premiers étudiants sortant des grandes écoles en France s’équipent. Les investisseurs font couler les robinets. Les vieux du Minitel ont du mal mais les jeunes ont vite compris.

Mars 2000 : patatras ! La bulle internet explose comme cette mythique société suédoise qui avait dépensé 135 millions de dollars en 18 mois pour un site de vente de vêtements! Des noms de domaine émergent dont certains deviendront des champions : Meetic, Ventre-privée, Dailymotion, 1000mercis, Artprice. Mais pour le grand public, c’est encore l’inconnu : on demandait fréquemment à Xavier Niel qui il était en 2011 à la veille d’être le 4e opérateur de téléphonie mobile.

Et si vous rêvez de futur, retenez ces noms : Granjon, Carreel, Rudelle… Ces capitaines d’industrie sont ceux de demain.

 

 

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