Nous sommes un journal. Les géographes soutiennent Libé


Depuis plusieurs années, Libé a ouvert régulièrement et largement ses pages aux géographes, leur permettant de porter à la connaissance des lecteurs des travaux et des points de vue sur les lieux de France et du monde. On serait tenté d’écrire… écrivons-le : «Pour comprendre le monde… lisez Libé !» La vitalité de la géographie, que certains reconnaissent sous l’expression de spatial turn, s’accommode bien du rythme quotidien des événements planétaires. Quand ceux-ci apparaissent, éclatent, il est bien rare qu’un géographe n’ait pas usé ses pataugas dans les parages, attiré par les points chauds des conflits latents, des frictions sociales, des confrontations urbaines et rurales d’où émerge l’événement.

«Géographie : trop figée et trop grave agrafe du paysage», ironisait Michel Leiris. Non, ou plutôt plus maintenant ! Libération a compris la ressource que pouvait être une géographie vivante, en marche, présente. Les géographes, de leur côté, trop heureux de sortir de leur pré carré académique, ont investi les pages rectangulaires que Libération leur ouvrait, intéressé et généreux… Généreux car ils ont pu y accompagner leurs textes de leurs images : la presse et l’édition en général rechignent à considérer que les bonnes cartes sont partie prenante d’une information, d’une démonstration. Libération, dans son magazine, dans les éditions correspondant au festival de géographie de Saint-Dié, a fait ce pari qui s’est souvent traduit par la diffusion d’images originales, parlantes, au point d’être archivées, ou reprises et commentées dans les amphis.

On peut dire que Libération a décoincé les géographes dans leur façon d’écrire et aussi de dessiner. Ni étroitement figés ni faussement graves, les géographes, complices, continueront de prendre la parole, de travailler les lieux du monde pour que, via Libération, les lecteurs-citoyens pèsent mieux leurs places et les enjeux en cours.

Ils sont prêts dans leurs périples à courir les rues, à battre la campagne et à crier : «Demandez Libé

Par Jean-Louis Tissier, Gilles Fumey et Louis Marrou
Article paru dans Libé 19 février 2014
1 624 vues

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :