Et Henri Mouhot découvre l’Indochine

Contre le spleen de l’hiver, contre la vie chère et les voyages impossibles à cause du travail, il y a une solution : le voyage en chambre. Il se pratiquait au XVIIIe siècle et s’est amplifié avec les récits de voyages rapportés par les plus audacieux, casse-cous et intrépides de nos explorateurs. Henri Mouhot est de ceux-là. Un voyageur plus très connu aujourd’hui qui fit les beaux jours du Second Empire alors passionné par ce qu’on appelait l’Indochine.

Claudine Le Tourneur d’Ison a fouillé la biographie de ce Montbéliardais botaniste hors normes qui avait consigné ses voyages entre Siam (Thailande) et Laos, avec de longues pauses au Cambodge. Un livre passionnant qui portraiture ce protestant un peu sévère qui ne déroge pas à son envie de voir la forêt tropicale et ses énigmes.

Certes, ce récit sert les visées coloniales de la France qui souhaite se glisser dans les mailles du filet colonial anglais déjà très étendu en Inde et qui tente de forcer la porte de la Chine avec ce qui deviendra la Guerre de l’opium. Mais Mouhot ne travaille pas pour les Etats : c’est un botaniste, point à la ligne. Il « découvre » certes les ruines d’Angkor que l’on ne connaissait que par des bribes de récits oubliés à l’époque. Mais l’objet du livre est surtout de montrer comment un homme, sans soutien financier, sans autre bonne fée qu’une santé hors norme, parvient à raconter dans des conditions que nous trouvons très éprouvantes, des civilisations inconnues, la faune, la flore, les coutumes, les cérémonies, les marchés.

Un parcours aussi fabuleux que dramatique qui se termine par une fièvre fatale qui emporte cet homme qui avait laissé son épouse et sa famille à Jersey… Vous rêvez de voir le Cambodge ? Mouhot vous le raconte en attendant d’acheter votre billet d’avion.

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« Temples perdus. Et Henri Mouhot découvrit Angkor« , CNRS Editions, 2013

 

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