La NASA découvre les inégalités dans le monde

Un certain journalisme est toujours friand de nouvelles sensationnelles et si possible indubitables, d’où un recours immodéré à des instances censées être « scientifiques » ou « dignes de confiance ».

Cette fois-ci, Slate jette son dévolu sur la NASA, qui s’est fendu d’une étude sur les chances de survie de « notre civilisation ». De forts esprits se sont donc penchés sur le cas de notre espèce à l’heure actuelle et leur verdict est sans appel: « notre civilisation est condamnée ». On en frissonne déjà. Mais l’article mélange fin du monde avec fin d’un monde. La nuance est importante!

Mais découvrons à présent les causes de cette fin annoncée: les très fortes inégalités entre riches et pauvres d’un côté, et de l’autre l’exploitation immodérée des ressources naturelles. Diantre, personne n’y avait encore pensé! Et l’on cite l’inévitable Jared Diamond, apôtre facile des collapses de toute nature. Mais alors peut-on se demander, quels sont les remèdes? Réponse: réduire les écarts entre riches et pauvres et modérer notre consommation de ressources naturelles. Un vrai scoop en somme.

Effectivement, il faut au moins être la NASA pour découvrir l’eau chaude et il faut aussi de forts investissements pour arriver à des conclusions aussi navrantes. Tout cela est fondé sur des modèles mathématiques, et donc des simulations quant à l’évolution de la planète. Le modèle « HANDY » a permis d’arriver à ces si brillants résultats.

C’est ici que l’on peut se demander à quoi servent tous ces satanés modèles qui souvent sont des montagnes qui accouchent d’une souris. Il faudrait que les chercheurs de la NASA sortent de leurs laboratoires et aillent rendre visite aux clochards des abords de leur lieu de travail, cela leur remettrait les idées en place et leur permettrait de constater, de visu, que les inégalités sont à leur porte et qu’effectivement si cela va de mal en pis il pourrait en cuire à notre confort hypocrite et aveugle à la détresse d’autrui.

Ils cesseraient peut être de nous casser les pieds avec leurs modèles à trois francs si sous (euros pardon), et prendraient peut être un peu plus en considération les sciences humaines qui travaillent sérieusement sur ces problèmes.

Que l’on s’entende bien: il ne s’agit pas de minimiser les dangers de ces déséquilibres, mais que de grâce on ne nous présente pas ces piètres conclusions comme une sorte d’oracle. Mieux vaut déjà songer à la suite.

Ci-dessus: un célèbre tableau de Roland Cat

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