Le développement durable sous la douche

A ceux qui se demandent à quoi sert le développement durable, on rapportera la dernière de Florence Servan-Schreiber dont la famille sert de hochet à tout ce qui se veut médiatique. Diplômée en management du développement durable par le Presidio School of Management de San Francisco (waouh !), Madame Servan-Schreiber a déployé ses talents chez Lagardère et oeuvre actuellement sur Cuisine TV (fallait-il aller à SF pour ce job de saltimbanque ?).

Nullement géographe, elle a pourtant le sens de la formule qui fait mouche, rapportée par Le Monde de ce week end : « Faire pipi sous la douche une fois par jour économise 4 380 litres d’eau potable par an et par personne ».

On est impressionné par la capacité de calcul de Madame Servan-Schreiber qui ne précise pas quel est l’échantillon humain invité à se soulager sous la douche : un buveur de bière munichois (plusieurs litres par jour) ? Une adepte de la cérémonie du thé au musée Guimet (également) ? Un adolescent (plutôt sec, à moins que ce soit rue de la Soif à Rennes) ? Un homme ? Une femme ? Et à l’échelle mondiale, cela donnerait quoi ?Mali contre Birmanie ? Pour ceux qui ne prennent des douches qu’une fois par semaine ? Qui se baignent dans le Gange ?

L’on voit que la statistique de l’eau non gaspillée, au litre près, ces 4830 litres « par personne et par an », peut alimenter des conversations en ville, des bonnes intentions au Sommet de l’eau de Ouagadougou, des blagues aux Grosses têtes de Philippe Bouvard et, qui sait, un article chez les potamologues de l’Université ?

On en conclura que la réponse à cette question qui fait couler moins d’H2O dans les chasses d’eau mériterait d’être traitée par un géographe du développement durable. On sait quelles capacités de synthèse seraient mobilisées pour analyser l’impact de ces cataractes sous la douche.

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