Le hold up de 85 personnes contre 3,5 milliards ?

85 personnes contre 3,5 milliards ? C’est la triste répartition de la richesse dans le monde, dont la géographie est connue de tous. Si on veut des parts égales, 1% possèdent la moitié de la richesse mondiale, autant que les 99% restants. C’est l’ONG Oxfam qui a publié ce travail en janvier 2014, quelques jours avant le sommet de Davos où l’on a parlé plus de violence (les pauvres, cela fait peur) que d’équité.

Pour prendre la mesure de l’iniquité de cette situation, Oxfam a calculé qu’en prélevant 1,5% de cette richesse des riches, sans les appauvrir, bien sûr, on pourrait allouer à l’autre moitié 1,25 dollar par jour, soit ce dont dispose actuellement le quart des habitants de la planète.

Elle relève que sept personnes sur dix vivent actuellement dans des pays où la pauvreté s’accroit. Pour des raisons démographiques, mais pas seulement. Aux seuls Etats-Unis, le petit pourcent de plus riches a confisqué 95% de la croissance depuis 2009 alors que la quasi totalité des moins riches se sont appauvris.

La concentration géographique des richesses n’a jamais été aussi grande, et la crise n’a rien arrangé. Et cela ne s’arrête pas… Ni en Chine, ni en Afrique, ni en Europe. Un constat que confirme l’observatoire du patrimoine : 3% du patrimoine va à 70% des habitants… L’Europe et l’Amérique du nord en possèdent près de 70%.

Les économistes (qui ne connaissent rien à l’hydrologie) aiment cette théorie du ruissellement telle qu’ils l’ont imaginé : la consommation de produits de luxe permet aux riches de redistribuer une partie de leurs richesses, comme aimait à le dire Ben Bernanke (« quantitative easing« ). Le ruissellement ? C’est 85 milliards de dollars déversés chaque mois dans le système bancaire, créant une nouvelle bulle immobilière aux Etats-Unis. L’argent n’aime pas la loi de la gravité. L’Asie reste avec sa gigantesque main d’oeuvre l’atelier du monde, où se produit ce qui reste consommé au Nord, le tout organisé par des winners qui ne connaissent pas les frontières.

L’Europe est mise au pied d’un mur qui n’est pas près de tomber : plus de 12 millions de personnes sont menacées de pauvreté ou d’exclusion sociale chaque année, un chiffre en hausse régulière.Le chômage mondial touche 200 millions de personnes en 2013, soit 5 millions de plus que l’année précédente. L’Asie compte, à elle seule, la moitié des sous-alimentés du monde mais dans les pays riches, l’Observatoire des inégalités compte des dizaines de millions d’enfants pauvres.

L’horizon de la consommation pour le plus grand nombre est le low cost, le luxe étant réservé au 1% qui s’enferme dans des quartiers résidentiels. Un apartheid social assumé mais dont les dégâts dans l’économie souterraine sont considérables.

On dira que les inégalités sont de toujours et que l’apathie des masses empêchera le monde de bouger Ce qui se passe au Bengladesh et au Cambodge où des ouvriers du textile descendent dans la rue, ce qui se passe à Kiev montre que la force des peuples n’est pas entamée. Les nouveaux conflits ne seront pas de grandes mobilisations industrielles comme ce fut le cas au XXe siècle, mais des guérillas urbaines qui pourraient bien nous surprendre.

La solidarité, la démocratie, l’équité restent des valeurs à défendre.

 

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Lire aussi : http://www.inegalites.fr/

et notre post : Comment les milliardaires détruisent le monde

 

 

 

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