Un téléphérique dans la ville?

Ci-dessus: le téléphérique El Alto-La Paz. Crédit: ANF

Le téléphérique urbain n’est pas tout à fait un nouveau venu dans le paysage urbain, mais il semblerait que sa présence se renforce et surtout, qu’elle permet de nouvelles façons de se déplacer pour des villes qui connaissaient de sérieux problèmes de circulation. L’Amérique latine en tête, avec des projets à La Paz, en Bolivie, en passe d’être réalisés, mais aussi à Medellin, ou encore Caracas.

Pourquoi? Sans doute parce que ces machines permettent de réaliser un « frogleap » (saut de grenouille) technique, autrement dit de passer certaines étapes de l’évolution technique pour arriver à des résultats très satisfaisants. L’exemple le plus parlant est sans doute le téléphone cellulaire, qui a permis à de nombreux pays de se doter d’un réseau de télécommunication satisfaisant et performant alors qu’ils n’étaient pas parvenus à se doter d’un réseau filaire efficace.

Le téléphérique urbain permet ainsi de passer outre le chaos des transports privés sur roues, et surtout de désenclaver des quartiers pauvres en les mettant en relation avec la ville centre, ses emplois et ses services. Comme le dit Catherine Paquette, chercheuse à l’Institut de recherche pour le développement (IRD), interviewée par le Monde: « La mobilité et l’accessibilité aux ressources urbaines sont des éléments forts de la lutte contre la pauvreté. Pour que les gens soient moins pauvres, il faut les aider à se déplacer, car se déplacer, c’est pouvoir accéder au travail, mais aussi à toutes les ressources qu’apporte la ville en termes culturels et d’opportunités. Attention, il est toutefois important de faire un gros travail d’accompagnement autour du téléphérique et de réutiliser l’espace public dans les stations. »

Ce travail d’accompagnement consiste en des solutions urbanistiques originales et bien adaptées aux réalités sociales à affronter; dans le cas de La Paz, il s’agit de « recoudre » deux villes devenues distinctes, El Alto, ancien quartier de La Paz livré à lui-même et devenu indépendant, et La Paz elle-même, métropole très mal reliée à son ancien quartier. Pas question de penser que seul l’aménagement technique pourrait suffire.

En ce cas, le téléphérique est une sorte de remède aux problèmes de mobilité et donc de pauvreté. Mais est-ce la panacée? Les pays riches se dotent aussi de téléphériques, comme Vancouver ou Londres, mais pour d’autres raisons. C’est plutôt le tourisme urbain qui motive ces aménagements, même si à présent, les raisons de mobilité liées au travail semble prendre de l’essor. A suivre donc. Peut être irons-nous faire nos emplettes de Montmartre à la Tour Saint-Jacques en téléphérique?

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