Quand les profs manquent à l’appel

Crise à l’hôpital, crise dans l’élevage, crise à l’Éducation nationale, crise, crise…

Pas de réformes de programmes, pas de problèmes d’inscription, ici. Juste une pénurie de candidats solides au professorat qui laissent l’Etat démuni devant une situation qu’il n’avait pas prévue. Certains s’en réjouiront. Acadomia va prospérer un peu plus. Des gamins sortiront un peu plus ignares du système

23% des postes, soit tout de même 4 912 maîtres qui vont manquer à la rentrée devant les élèves. Une goutte d’eau, tempère-t-on devant les 800 000 enseignants de France.

Une énigme : un déficit important touche les mathématiques (1 097 reçus pour 1 440 postes). Quand la France affiche la meilleure école mathématique du monde en comptant les médailles Fields… Certes, les médaillés ne se recrutent pas au collège. Et une élite mathématique peut émerger dans d’autres filières « d’excellence » comme les prépas math. Encore que les lauréats sont plutôt des chercheurs qui ne sont pas passés par les grandes écoles ! Mais tout de même…

Autre curiosité : on a entendu des cris d’orfraies sur la disparition du latin dans la nouvelle réforme. Comment enseigner le latin quand les lettres classiques ne recrutent que 89 jeunes professeurs pour 230 postes ? Et l’anglais, qu’on voudrait apprendre à toutes les progénitures : 966 lauréats alors que l’offre était de 1 225 places. Quant à l’allemand dont on pleurnichait la disparition au collège, il n’affiche que 264 recrues pour 340 postes….

Moralité : avant de manifester et de tirer des plans sur la comète des programmes, il faut se soucier de ceux qui auront à les appliquer. On ne parle jamais des professeurs dans les projets de réforme. C’est sans doute par eux qu’il faudrait commencer. Et pas pour faire des promesses de 60 000 postes, comme s’il suffisait de créer des lignes budgétaires pour régler les crises.

 

 

 

 

 

 

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