Saint-Dié, un festival bondissant

Saint-Dié, J-1

La ville est resplendissante. Les couleurs presque d’automne s’accrochent aux versants des forêts vosgiennes. Les ballons fixent un horizon un peu plat. La ville est calme, comme endormie mais sur le pied de guerre. On croise dans les trains des porteurs de poster, quelques profs à l’air de séminaristes (à force de faire des « séminaires », ils en prennent la couleur des clercs de l’université).

Au siège du festival, les « figueuses » (appellation héritée de FIG, festival international de géographie) qui en ont vu d’autres, qui travaillent de plus en plus avec les écrans plats, les téléphones mobiles, un peu les stylos, attendent la bourrasque pour demain.

Le maire, David Valence, est invisible, non pas retranché dans ses quartiers, mais sans doute pris par une énième commission d’urbanisme. Christian Pierret à qui on doit le festival attend les débats avec fébrilité. Béatrice Collignon et Philippe Pelletier, venus de la France du Sud, Bordeaux et Saint-Etienne, forment pour la circonstance le couple le plus demandé de la géographie française. Pour eux, c’est la fin d’une année de boulot ! Remplir une maquette d’intervenants pour tables-rondes et autres conférences, démonstrations, ateliers. Prendre des coups dans la figure, notamment de ceux qui ont proposé quelque chose et qui se sont faits recalés, faute de place parfois. Enfin, la géographie qu’ils pratiquent comme chercheurs va offrir des réponses à ce qui n’est pas évident pour le grand public : rêve-t-on des lieux où l’on vit, où l’on a envie de vivre ? Est-ce qu’un président de la République a une idée de ce que peut être le territoire qu’il redécoupe ? Et l’étudiant qui rêve de Stanford et qui est inscrit en master à Toulouse ou Nice, qu’en dit-il ?

L’imaginaire pour penser l’espace, l’imaginaire qui conduit à des utopies, tout cela est peu connu. Le pari vaut d’être tenu, mais sera-t-il gagné ?

Avec un pays invité comme l’Australie, il y a de quoi rêver. Fantasmer sur un lointain qui se résume à la silhouette d’un opéra littoral à Sydney ou un animal bizarre qui saute en se déplaçant. Justement, un cirque a prêté un kangourou qui va se déplacer en ville pendant deux jours. Il a, paraît-il, l’habitude des selfies. Et prête sa dégaine à qui aurait peur de lui ressembler.

Dans les cafés, les premiers intervenants finissent leurs powerpoints. Les autres trinquent à la bonne farce d’une géographie savante qui se mêlerait au peuple d’une ville moyenne. Les affiches annoncent les débats qui vont enflammer la ville ! Au cas où vous ignorez tout des cafés géos, voici ce que leur site annonce comme manifestation pour les trois jours. Une copieuse programmation pour ne jamais arrêter de faire de la géo ! Bon FIG !

«L’identité nationale : un bel imaginaire ?» par Christine Chivallon, UMR LAM, CNRS Bordeaux, William Berthomière, UMR MIGRINTER, CNRS Poitiers, et Olivier Milhaud, maître de conférences, Université Paris-Sorbonne, Café géographique au Nova Bowling, 03 29 41 34 89, salle de séminaires, Quai de la Résistance, Saint-Dié-des-Vosges, 17h15-18h45, le vendredi 2 octobre

«Le Grand Nord Est : pourquoi l’Alsace râle ?» par Alexandra Monot, Françoise Dieterich et Maryse Verfaillie, Café géographique au K.Kiss Bar, 0355232316, 4 rue d’Amérique, Saint-Dié-des-Vosges, 18h00-19h30, le vendredi 2 octobre. Accueil par Christophe Terrier.

«L’idiot du voyage : l’imaginaire touristique» par Jean-François Staszak, professeur, Université de Genève, Café géographique au Bar de la Poste, telephone inconnu, 32 rue Thiers, Saint-Dié-des-Vosges, 18h15-19h45, le vendredi 2 octobre. Accueil par Manouk Borzakian.

«Les îles méditerranéennes font-elles toujours rêver ?» par Nathalie Bernardie-Tahir, professeur, Université de Limoges, et Marie Redon, maître de conférences, Université Paris 13, Café géographique à La Cabane au Darou, 03 29 55 25 90, 10 rue de la Prairie, Saint-Dié-des-Vosges, 18h30-20h, le vendredi 2 octobre.

«A vos crayons ! Imaginons et dessinons un lieu» par François Arnal, professeur, Lycée Claude Fauriel Saint-Etienne et Cristina Del Biaggio, chargée de cours, Université de Genève, Café géographique au Nova Bowling, salle de séminaires, 03 29 41 34 89, Quai de la Résistance, Saint-Dié-des-Vosges, 19h00-20h30, le vendredi 2 octobre.

« Imaginons, ensemble, l’Europe de demain ?» par Jacques Levy, professeur, école polytechnique fédérale de Lausanne (Suisse) et Sylvain Kahn, France Culture, Café géographique à la Brasserie Au Bureau (salle restaurant) 03 29 52 89 66, 7 quai J. d’Arc, Saint-Dié-des-Vosges, 10h00-11h30 le samedi 3 octobre. Accueil par Olivier Milhaud

«La géo au collège fait-elle toujours rêver ?» par Caroline Leininger-Frezal, maître de conférences, Université Paris-Diderot et Pascal Clerc, maître de conférences, Université Lyon 1, Café géographique au K.Kiss Bar, 0355232316, 4 rue d’Amérique, Saint-Dié-des-Vosges, 14h00-15h30 le samedi 3 octobre.

«Imaginaire et cartographie» par Olivier Godard et Christian Grataloup, géographes, Café géographique au Bar de la Poste, telephone inconnu, 32 rue Thiers, Saint-Dié-des-Vosges, 15h00-16h30 le samedi 3 octobre. Accueil par Daniel Oster.

«La planète football, un imaginaire identitaire juteux» par Pascal François, inspecteur, Café géographique à La Cabane au Darou, 03 29 55 25 90, 10 rue de la Prairie, Saint-Dié-des-Vosges, 18h00-19h30 le samedi 3 octobre.

«La justice spatiale, pour vous, pour nous, c’est quoi ?» par Bernard Bret, professeur émérite, Université Jean Moulin Lyon 3, Café géographique au Bar la Poste, telephone inconnu, 32 rue Thiers, Saint-Dié-des-Vosges, 14h00-15h30 le dimanche 4 octobre. Accueil par Maryse Verfaillie

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