Hyperloop, un train à 1200 km/h

Nous préparions l’autre jour le prochain Festival de géographie 2016 axé sur des questions d’espaces transformés par la vitesse (« Un monde qui va plus vite ? »). Et nous vient Brogan Bambrogan qui dévoile le train du futur concocté avec Elon Musk.

Un train qui fonce à 1200 km/h avec de l’énergie solaire. On embarque toutes les trente secondes dans des capsules de 30 passagers glissant sans frottement dans des tubes basse pression. Le futur qu’on a du mal à faire advenir dans nos têtes d’Européens, qui réactualise de vieux rêves déjà vus ici ou là, où les humains circulent à Mach 1, la vitesse du son.

Hyperloop Transportation Technologies est une société californienne qui commence à construire un tronçon opérationnel dès 2016 dans la Central Valley. Les premiers trains sont prévus pour 2018, assure Dirk Ahlborn, le PDG, cet été, à la conférence Hello Tomorrow de Paris. Esprit fêlé ? Possible, mais comme il n’est pas seul, on peut y regarder à deux fois. Des trains supersoniques imaginés par Elon Musk, entrepreneur visionnaire d’origine sud-africaine qui a déjà une société de fusées spatiales, SpaceX à Los Angeles et qui rêve toujours de coloniser Mars.

Un visionnaire ? Quelqu’un qui trouve que le projet de train rapide en SF et LA est ringard. Hyperloop est présenté fin 2013 au Wall Street Journal comme le « cinquième mode de transport » (comprenez après l’auto, le train, le bateau et l’avion), qu’il voit comme un « croisement entre le Concorde, un canon électromagnétique et une table de hockey pneumatique » pour relier les deux métropoles californiennes en 35 minutes.

Dans le projet, Elon Musk compte 7,5 millions de passagers par an (dans chaque sens), qui amortissent un coût de 6 milliards de dollars sur 20 ans (on est aux Etats-Unis et les dollars sont dans la conception). Coût du trajet par passager : 20 dollars.

Le concours de design lancé par SpaceX pour le wagon et dont les contributions sont en open source a suscité plus de mille candidatures closes cet automne. Les premiers prototypes seront testés en juin 2016 sur une piste à Hawthorne, vers LA.

Pour l’instant, Hyperloop Technologies née du capital-risqueur Shervin Pishevar qui a poussé Uber, inaugurerait sa ligne par du fret pour conteneur de marchandises. L’autre firme déjà bien avancée, Hyperloop Transportation Technologies est « crowdsourcée », dirigée par Dirk Ahlborn qui réunit 400 contributeurs occasionnels sur toute la planète. « Plus créative qu’une société de trente salariés ». D’autant que les collaborateurs sont ingénieurs de chez Boeing, Airbus, SpaceX, la Nasa ou Telsa qui sont payés, s’ils y consacrent beaucoup de temps, en actions.

A Quay Valley, la future microville écologique a prêté le terrain pour une piste de 8 km. Ce projet de ville privée de 75 000 habitants sur 3 hectares ? « Un prototype du nouveau ruralisme ». Energie renouvelable dans les lotissements, campus, centres commerciaux et parcs thématiques.

Sur Internet, c’est la curée. Les ingénieurs dézinguent Hyperloop. Le Maglev japonais, les avions au biofioul seraient bien mieux. Voire… Car Guillaume Pepy rappelle que Elon Musk a mis au point les voitures électriques Tesla. Il ne faut pas injurier le futur.

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Pour en savoir plus Hyperloop

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  1. Marko

    Merci, Gilles, pour cette présentation qui renoue avec nos souvenirs de la Terre à la Lune
    Oui Musk est de ces monstres qui forcent le respect (en tout cas le mien); il ose encore penser le futur comme audacieux. Sur Hyperloop en particulier, et une compréhension du bonhomme et de ses lubies, je me permets un lien vers ce site :
    http://waitbutwhy.com/2015/06/hyperloop.html

    C’est sans doute aussi lui qui, à une échelle régionale, règlera enfin la question du mix entre le train et la voiture (Tesla). Autonome le temps de rejoindre une highway, puis pilote automatique, le conducteur pourra enfin faire autre chose.

    Publié le 22 novembre 2015 à 10:48
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