Echec au territoire pour les lions

Roosevelt à la chasse au lion (Afrique)Après avoir chassé impunément le lion africain, comme aimait tant le traquer le président Théodore Roosevelt (qu’on voit sur cette photo), les Etats-Unis s’en repentent et classent les lions comme une espèce en danger, rapporte l’excellent site Books.fr.

L’occasion de rappeler que la géographie des animaux est une affaire très sérieuse qui se brise sur les débats de la COP21, poussant notre civilisation à redéfinir la place de l’homme dans la nature.

Dans son livre de 2004, David Quammen (1)  n’a sans doute pas vu que les lions des cavernes, notamment ceux de la grotte Chauvet en Ardèche (photo du haut), Felis spelaea, n’avaient rien à voir avec leurs cousins plus méridionaux au contact avec la savane. Ceux de nos régions, connus sous la Préhistoire, ont sans doute disparu au Magdalénien, du fait du réchauffement climatique post-glaciaire. X. de Planhol dans Le paysage animal (2) les voit, d’ailleurs, plus proches du tigre que du lion.

Quoi qu’il en soit, les historiens de l’Antiquité ont recensé le lion dans l’art dès Mycènes, au 16e siècle avant notre ère ! Hérodote raconte au Ve siècle avant notre ère, des attaques de chameaux dans l’armée de Xerxès. Toute la Thessalie devait être un territoire de lions. Comme le raconte aussi Aristote qui en a vus lui-même. Dion Chrysostome au début du 2e siècle de notre ère note qu’ils ont disparu de l’Europe, même si Quammen en recense en Palestine encore au temps de Croisades et même en Syrie jusqu’au 19e siècle.

Le lion n’était plus roi en son territoire depuis longtemps.

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(1) David Quammen, Monster of God : The Man-Eating Predator in the Jungles of History and the Mind, W. W. Norton & Co, 2004

(2) Le paysage animal, Fayard, 2004.

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