Les riches encore plus riches…

La dépêche est tombée hier, selon l’ONG britannique Oxfam, les 1% les plus riches détiennent plus que les 99% restant. Haro sur les riches? Nous avons déjà abordé le problème dans Geographica, mais il est vrai que nous nous méfions des chiffres et des statistiques, par nature sujets à toutes les manipulations.

Les paradis fiscaux dans le monde

Les paradis fiscaux dans le monde

Et pourtant, même si les calculs ne sont pas tout à fait justes, il y a indéniablement concentration et accélération des richesses. On connaît bien aussi le rôle majeur joué par les paradis fiscaux qui jouent leur prospérité sur le dos du reste de la communauté internationale.

Dans une mondialisation qui prend des airs de hold up des classes moyennes et d’exploitations des classes pauvres, cette annonce passe pour une sorte d’évidence. L’injustice sociale s’associe à l’injustice spatiale et engendre de la violence. C’est une équation très simple, mais qui se traduit par la montée des quartiers privés, gated comunities et autres quartiers réservés. Le Brésil fait figure de prototype par rapport à ce phénomène de ghettoïsation des riches entre eux. Mais la tendance est à présent mondiale. Les riches peuvent rétorquer que ce n’est pas à cause d’eux que les pauvres sont pauvres. Mais le raisonnement est un peu court.

« Mettre le feu à la mer pour faire frire le poisson ». C’est ce à quoi fait penser cette super-élite, sûre d’elle et de son bon droit car sa légitimité repose sur l’idée que « la croissance profitera, à terme, à tous ». Mais de quelle croissance parle-t-on, et comment se répartirait-elle si tout est mis en œuvre pour éviter de distribuer? C’est l’accumulation pour elle-même, sans autre but qu’elle même. Car à quoi sert d’avoir cinq villas, dix jets et quarante limousines, ou des toilettes en or massif?

L’avidité est un vilain défaut, mais cela ne semble pas perturber cette nouvelle super-bourgeoisie mondiale qui a ses codes, ses lieux favoris et son mépris pour qui n’est pas aussi riche qu’eux. On peut songer à la fin du XIXe siècle ou même au début de l’Empire romain, quand les classes dominantes possédaient presque tout, et voulaient toujours plus. On peut se demander à quoi sert une telle soif d’argent. Sans doute, et c’est cela le plus désolant, à assouvir un amour propre en quête de reconnaissance, mais une quête sans fin.

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