L’art des rues, pour ne pas errer

Une nocturne de Brassaï

Depuis quand existe l’art des rues? Depuis Brassaï, Doisneau et quelques autres, puis par un détour via les ghettos des États-Unis, ce qui est désormais devenu le street art fait florès dans le monde entier.

De Miss Tic, Nemo ou Jérôme Menasgier à Paris, jusqu’à Basquiat à New York, le street art fait un chassé-croisé entre la rue et les galeries. Entre art éphémère en début de carrière avant de passer aux galeries « sérieuses », le street art permet d’exprimer tout ce que l’on veut, parfois de façon illégale, parfois aussi en accord avec les autorités, les gens du quartier, voire avec eux.

Un des « bonshommes » de Mesnager

C’est un art de la limite et de la frange, et même de la marge si l’on pense aux tags, la variante américaine du graffito. Mais à la fin, tout cela finit détruit ou recouvert. C’est la photographie qui permet, in fine, de garder la trace de l’intervention, qui prend ou pas le contexte en compte.

Les jeux de mots de Miss Tic

La géographicité de ces œuvres n’est jamais anodine, au contraire elle est toujours présente: que ce soit dans un espace abandonné ou fréquenté par des marginaux, ou que ce soit au contraire dans un espace bien en vue et très bien situé (mais ces deux possibilités peuvent n’en faire qu’une, par exemple quand un squat rue de Rivoli voit sa façade repeinte par tout un groupe d’artistes), l’emplacement de l’œuvre veut toujours dire quelque chose.

Les silhouettes colorées de Nemo

Parfois, comme dans le cas de favelas repeintes, l’intervention vaut pour une véritable requalification, et les habitants ne posent plus le même regard sur leur quartier. (Voir l’image en une, la favela Santa Marta, au Brésil).

Alain Roger aurait parlé d’artialisation in situ, puisque l’on modèle le paysage à l’aide de l’art; on le fait donc entrer dans l’art.

C’est ce que Nietzsche proposait en disant qu’il fallait que l’art fasse partie intégrante de la vie!

Un autoportrait de Basquiat

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