Un singe au théâtre

Cette semaine, allons voir du côté du théâtre de marionnettes.

Les marionnettes, comme le carnaval, semblent appartenir au monde des enfants. Dans l’Europe actuelle, nous avons encore Guignol, mais ensuite, peu de spectacles véritables. Quelques compagnies se maintiennent, mais les marionnettes restent marginales, même si un festival a lieu régulièrement à Charleville-Mézières.

Pourtant, tout comme pour le carnaval, la marionnette fait partie des éléments archaïques présents dans la culture actuelle. Elle est un symbole de la vie humaine et de sa fragilité, mais aussi une figuration du destin comme de notre liberté paradoxale.

A ce titre, elle représente une symbolisation remarquable de l’existence et de ses tourments, comme elle représente la geste divine. C’est ce que raconte cette marionnette indienne:

« Singe du Ramayana, peut-être le roi Sugriva ou son ministre Hanuman, chef des armées.
Les figures du théâtre d’ombres Tholubommalata portent le nom de « Géants de l’Andhra Pradesh ». Articulées ou d’une seule pièce, elles sont manipulées à l’aide de baguettes de bambou.
Le répertoire empruntait l’essentiel de ses thèmes aux deux principales épopées indiennes, le Ramayana et le Mahabharata.
Comme dans tous les théâtres d’ombres, les montreurs, installés derrière l’écran, manipulent les personnages exposés à une source lumineuse (lampes à huile, à l’origine). Leur cuir translucide, perforé et colorié, laisse passer les couleurs.
Une troupe itinérante, le plus souvent originaire du Maharashtra, consistait en six ou sept personnes d’une même famille. Montreurs, chanteurs et musiciens fabriquaient eux-mêmes les figures d’ombres.
Le spectacle se déroulait toujours en plein air, et de nuit. Il était généralement organisé à l’occasion d’une fête religieuse, et financé par le mécénat royal (notamment la dynastie Vijayanagar aux 14e – 16e siècles) ou par les dons des villageois. On prêtait au spectacle le pouvoir d’amener la pluie, de combattre les épidémies ou de guérir les possédés.
Il est aujourd’hui délaissé à la faveur du cinéma. »

Une forme d’expression en chasse donc une autre. Mais ces marionnettes ont-elles pour autant cessé de vivre? Rien n’est moins sûr, car leur imaginaire reste vivace. A suivre…

En une: Hanuman et Ravana dans le Tholu Bommalata, Andhra Pradesh

 

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