Les « gosses de riches » sont-ils partout les mêmes?

Ci-dessus, une capture d’écran du site Rich Kids of Tehran

Un blog du journal le Monde relate l’existence (brève, car le gouvernement iranien l’aurait déjà bloqué) d’un blog consacré aux jeunes gens riches d’Iran. On y trouve tous les codes des autres jeunesses dorées européennes, américaines ou asiatiques:

Filles court-vêtues, cheveux longs, vêtements de marque, bijoux voyants, grosses, très grosses voitures… tous les clichés se suivent et se ressemblent, tout comme on a pu récemment le voir sur Canal Plus avec un reportage à Erbil, capitale du Kurdistan irakien, où une autre jeunesse dorée roule en grosse voiture et sort dans des clubs de nuit semblables, en tout cas en apparence, à ce que l’on pourrait trouver en Europe ou aux Etats Unis. Du luxe standard en somme…

J’ai écrit un petit article (en espagnol) sur le lien entre enrichissement et acculturation: il semblerait bien que ce processus engendre une espèce de « classe mondiale », du fait de l’homogénéité des codes et des industries du luxe. Ce n’est pas un scoop bien sûr, mais c’est une tendance apparemment puissante. Les villas immenses aux poignées de porte Louis Vuitton (sic) d’Erbil laissent rêveur…

Pourquoi l’enrichissement émousserait-il les cultures locales? Il pourrait aussi servir à exacerber ou promouvoir ces mêmes cultures? Mais il y a toute l’intériorisation des discours dominants qui classent les comportements et les goûts en fonction de modèles élaborés au loin. Et conduisent au dénigrement des cultures différentes.

Les marques de luxe vendent bien entendu du rêve mais aussi de la distinction sociale, l’un des ressorts les plus puissants du comportement humain en société… On est donc prêt à tout pour adhérer à ce qui semble le plus souhaitable. Cela fonctionne de la maison au vêtement en passant par la nourriture.

En voyant, dans le reportage de Canal Plus, cette jeunesse manger des hamburgers en buvant du coca cola, on peut se demander si cela correspond au paradis mondialisé…  Tout ça pour ça! Alors que Daesh, le pseudo-état islamique, fait la guerre à côté contre cet Occident abhorré, ces jeunesses finalement très occidentalisées sont-elles vraiment un idéal à défendre? Que des cultures millénaires finissent au fast food ne semble pas un signal très réjouissant. Et il ne s’agit pas de défendre un point de vue réactionnaire ou passéiste, mais juste de voir à quel point la globalisation du luxe représente un autre rouleau compresseur pour des populations qui pourraient trouver leur propre chemin.

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