Les animaux n’ont pas besoin de GPS

Se mouvoir dans l’espace physique a été une épreuve pour l’homme. La géographie est née de là.

Pourtant, les êtres vivants ne sont pas égaux devant l’étendue terrestre, marine ou aérienne. Comment les animaux font-ils pour retrouver leur chemins sur des centaines et des milliers de kilomètres avec une précision stupéfiante ? Chevaux, papillons monarques américains retrouvant d’année en année leurs sapins sacrés dans les forêts mexicaines, baleines à bosse en ligne droite dans les courants marins, oiseaux migrateurs retrouvant leur nid d’une année sur l’autre…

Ils s’y prennent comme les hommes…. avant les satellites et le GPS. Leurs boussoles sont les étoiles ou le champ magnétique terrestre qui sont d’excellentes cartographies. D’après ce qu’on peut imaginer !

Les saumons sockeye viennent des fleuves d’Asie su Sud-Est et d’Amérique du nord avant de sillonner le Pacifique. Deux ans après avoir quitté leur port d’attache, ils reviennent pour procréer et… mourir. « Pour retrouver le chemin du retour sur des milliers de kilomètres, le saumon imprime le champ magnétique terrestre de l’endroit où il est entré dans la mer. Quand il atteint la maturité, il recherche le point de la côte correspondant à l’empreinte » observe Nathan Putman (université d’Oregon sur Current Biology) cité par Lucia Sillig (1).

En comparant les données enregistrées par l’industrie de la pêche sur la route empruntée par les poissons durant les 56 dernières années, on peut calculer la route des poissons en se basant sur les variations du champ magnétique de la terre. « Un champ engendré par le tourbillonnement de la partie liquide du coeur de la planète qui n’est pas totalement stable« . Les poissons enregistrent ce champ magnétique en entrant dans l’eau. Et ce qui leur permet d’imprimer cela, ce sont les minéraux de fer se trouvant dans leur cavité nasale. Selon Putman, si le champ est le plus fort aux pôles et le plus faible à l’équateur, les poissons pourraient trouver « agréable » ou « désagréable » de nager vers le nord ou vers le sud. Les tortues marines seraient dans ce cas aussi.

Les migrations des sternes : une échelle continentale

Prenons les pigeons.. Ils s’orientent, eux, grâce aux infrasons, pour Jonathan Hagstrum de l’US Geological Survey (The Journal of Experimental Biology, 31 janvier 2013). Avec une enquête portant sur 60 000 oiseaux entre la France et l’Angleterre en 1997, Hagstrum réalise que le chemin des pigeons croise celui d’un Concorde et pense que cela est lié aux infrasons. Des sons, en-dessous de 15 hertz, inaudibles par l’homme, mais par les baleines et les éléphants s’en servant pour communiquer. Des infrasons qu’on doit aux séismes, vagues profondes, avalanches. Le fond naturel est typique d’un endroit désigné par une topographie qui réfléchit les ondes et dont le climat influence la propagation. C’est lui qui serait a signature que les oiseaux suivent pour rentrer au bercail. Quand les pigeons écoutent les infrasons pour choisir une direction, ils règlent leur boussole sur le soleil. Comme le font le papillon monarque et, probablement, la baleine à bosse qui combinerait le soleil, le champ magnétique et les étoiles pour se guider.

 

(1)Source des données dans  Le Temps, 7 février 2013, Lucia Sillig.

 

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