Des espaces sans pesticides

Alors que les Etats-Unis sont toujours la tête dans le sable à ne pas vouloir reconnaître le rôle des pesticides de la famille des néonicotinoïdes dans la disparition des abeilles, les apiculteurs ont perdu cet hiver 2012-2013 pas moins du tiers des colonies d’abeille.

Comme on l’a déjà écrit ici à propos du film de Markus Imhoff, More than honey / Des abeilles et des hommes, il serait temps que les politiques fassent leur travail pour nettoyer les espaces agricoles des poisons que sont la génération de pesticides des années 1990. Bayer et Syngenta nous les présentaient comme un progrès pour l’environnement.

La Commission a enfin obtenu qu’une majorité d’Etats membres votent le retrait pour deux ans, de trois pesticides particulièrement suspects. Les Anglais et les Allemands, grands utilisateurs de pesticides pour ce que les industriels (et les syndicats agricoles qui se couchent devant) voudraient appeler de l’agriculture « conventionnelle » se sont finalement rendus à la raison du moratoire. Un moratoire de deux ans applicable au 1er juillet pour les applications sur le maïs, le colza, le coton, et quelques autres cultures mineures. En dépit des avertissements des fabricants, qui évoquent une décision qui fera perdre 50 millions d’euros aux fabricants et aux agriculteurs, précise Anne Bauer dans Le Monde.

Lorsqu’on sait que de nombreux agriculteurs reconnaissent se débrouiller très bien sans ces produits, qu’ils ne constatent pas de baisses de rendements, on se demande s’il ne faut pas faire le nettoyage des lobbies industriels et agricoles à Bruxelles pour retrouver, enfin, des espaces sans pesticides. En France, l’Anses (agence nationale de sécurité de l’alimentation, de l’environnement et du travail) déconseille le désherbant Mission (sa molécule flazasulfuran qui pollue les nappes des vignobles), quatre glyphosates, un herbicide pour le blé et l’orge (chlortocide EL, dangereux pour les nappes et les oiseaux) et le Tradianet Gazon se voit ridiculisée par des autorisations pour dix ans offertes par le ministère de l’agriculture que Générations futures va traîner devant les tribunaux pour « carence » et « mise en danger de la vie d’autrui ».

A suivre dans les prochaines années.

 

 

Pour en savoir plus :
Carte sur les victimes de pesticides

 

 

 

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