Quand les animaux font du théâtre à Marseille

Jamais les villes n’ont été aussi proches des campagnes. Après les jardins sur les toits de New York et tant d’autres métropoles, les animaux battent le pavé urbain. Non pas à la recherche de quelconque herbage, mais en quête d’image qui puisse conforter tous ceux qui doutent que manger de la viande soit nutritionnellement correct. Non, les animaux devraient retrouver leur place dans nos sociétés coupables  de les avoir parqués dans de gigantesques camps de concentration pour la viande.

Dans le cadre de Marseille, Capitale européenne de la culture 2013, la troupe équestre du Théâtre du Centaure a invité à une « Transhumance » plus de 4 000 bêtes dans la ville. Jamais le Vieux Port de Marseille n’avait sans doute entendu résonner les sabots et bêlement de chevaux, vaches, chèvres et moutons. 3 000 moutons sont arrivés en cortège depuis le MuCEM, le nouveau musée des civilisations euro-méditerranéennes, les juments de la gare Saint-Charles via le TER et les autres du rond-point du Prado.

Les animaux ont défilé sur une partie des treize kilomètres comme aurait pu l’imaginer Saint-Saëns dans son Carnaval (1896) avec en tête du cortège une « centauresse« , censée marquer le lien homme/animal, et figurée par une femme debout sur trois étalons frisons noirs. Ainsi, entrait l’animalité dans la ville, comme en rêvaient Camille et Manolo, les inspirateurs de ce théâtre inédit. Manolo a expliqué malicieusement à la presse comment les édiles ont été obsédés par la question du nettoyage. Comme si la ville n’était pas sale…

Dans ce pari fou, grâce à la SNCF, les six chevaux sont arrivés en TER « dans un wagon normal avec des gens normaux » depuis Picon-Busserine, et accompagnés par des enfants.  Partout, la foule était enthousiaste, les enfants comme les adultes en redemandaient. Marseille ne fait rien comme les autres villes en France. Tant mieux !

 

 

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