Aïe ! Les Russes ne savent pas skier

Красная Поляна

Lorsque Poutine a décroché la timbale olympique pour nous distraire de ses coups de force politiques, il avait oublié une chose : les Russes ne savent pas skier. La preuve, il a fallu faire appel à des Chamoniards, des solides gaillards qui pratiquent la glisse aussi naturellement que les animaux marins de l’Antarctique.

Aujourd’hui que tout est en place à Krasnaïa Poliana, Красная Поляна, et que ceux qui regardent les JO à la lucarne pour se distraire, il faut prendre la mesure de l’effort de l’homme fort de Moscou qui aime tant montrer ses biscoteaux.  Car Krasnaïa Poliana, 5 000 âmes, située à quelques enjambées de Sotchi-sur-Mer (noire) a été équipée d’une station flambant neuf, notamment Roza Khoutor, pour les épreuves de ski et snowboard.

Roza Khoutor est la vitrine de Poutine qui a fait débourser à son ami Potanine (ancien premier ministre pendant quelques mois, le temps qu’il ouvre son portefeuille) 1,5 milliard d’euros pour soulever les montagnes. Une manière de lui faire payer ses « vols » lorsqu’il était banquier sous Elstine avec le fameux Khodorokovski.  Concrètement, la Compagnie des Alpes, leader mondial du secteur, a dégotté un contrat d’exploitation pour 25 ans avec un manager, J.-M. Farini qui devrait se méfier des prisons russes.

Cela dit, qui se méfierait de Courchevel, en France, où Vladimir Potanine, père d’une championne olympique, connu pour y célébrer ses anniversaires, a vu un associé se faire arrêter pour une histoire de prostitution, heureusement close par un non-lieu ?

Que la montagne est belle et vaste, prête pour la Russie en sensations fortes

En Russie, on revient de loin, pour les sports d’hiver. Non pas que les vieux oligarques communistes n’aient pas été de brillants glisseurs ou que les Pussy Riot étaient trop occupées à faire de l’activisme, mais parce que le pays ne pouvait s’équiper que dans le Caucase qui était une montagne plutôt chaude (géopolitiqueent) que froide (climatiquement). Il y avait bien un télésiège à Sotchi, et les free riders pratiquaient le hors-piste. Mais cela n’allait pas casser les pattes à trois canards. Le plus dur a été de faire de Sotchi, ville subtropiale qui domine des champs de thé, une vraie station, arrosée à gros canons par de la neige artificielle.

Soyons juste : 3 millions de Russes tiennent debout sur des skis, soit 2% de la population (15 en France).  Poutine a, semble-t-il, l’idée que le Caucase Nord serait mieux gagné à sa cause en étant équipé en stations de loisirs plutôt qu’en monuments aux morts. D’où les partenariats signés par l’ancien président français et Medvedev. Le tourisme pour pacifier les régions, c’est une vieille idée anglaise. C’est désormais fait : un chiffre biblique de 7 stations, un millier de km de pistes. Reste à rassurer les futurs clients de ces stations losqu’on sait que « des skieurs moscovites ont été tués par des hommes en armes près du mont Elbrouz en février 2011« , rapporte Bruno Lesprit.

En effet, la Russie, c’est le pays des ours, mais pas des bisounours.

 

 

 

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