Europe, Ukraine, Thaïlande: où est la démocratie?

Ci-dessus:  Des militaires thaïlandais, à Bangkok, où l’armée a annoncé avoir pris le pouvoir, ce jeudi 22 mai. REUTERS/Athit Perawongmetha

L’actualité est riche en contrastes, c’est le moins que l’on puisse dire. La démocratie, ce mot tellement galvaudé, est mis un peu à toutes les sauces. Un « mystère » de l’histoire mondiale est ce synchronisme entre les régimes de la planète qui fait qu’à un moment donné de l’histoire humaine, on trouve une majorité de régimes d’un même type: monarchies absolues à un moment, empires, monarchies constitutionnelles, républiques ou régimes parlementaires à d’autres…

Notre époque, quant à elle, ne parle donc que de démocratie. Les USA en sont les grands promoteurs. Mais de quoi s’agit-il? La Thaïlande, l’Ukraine et l’Union Européenne offrent des situations très différentes, mais qui se font écho l’une l’autre.

L’instabilité politique en Thaïlande

En Thaïlande, c’est le « coup d’état« . Les militaires prennent le pouvoir, et la société civile ne peut que constater. Les « désordres » dus aux affrontements entre partis pro et anti gouvernements ont été pris comme prétexte par l’armée pour faire un coup militaire. Mais le pays a traversé plusieurs périodes difficiles. Les opposants au régime militaire commencent déjà à s’organiser contre lui…

Petro Porochenko. Source: AP/Efrem Lukatsky

En Ukraine, les élections ont bien eu lieu, malgré la main-mise des « pro-Russes » à l’est du pays qui ont intimidé les habitants au point de rendre l’ouverture des bureaux de vote quasi impossible (source: Le Petit Journal/Canal +). Le nouvel élu, Petro Porochenko, a été correctement élu, sans que cela soulève d’objections majeures, mais le pays est profondément divisé et déstabilisé. Les électeurs, en votant pour lui, ont aussi envoyé un signal assez clair en faveur de l’Europe, source (partielle) des problèmes actuels du pays vis à vis de la Russie. Et même si la démocratie est très fragile en Ukraine, la vitalité de la société civile met à demeure les « oligarques » de rendre le pays réellement démocratique et surtout libéré de la corruption. La pression est réelle. La Russie a réussi à prendre la Crimée, mais il semblerait que l’on en reste là.

Dans l’Union Européenne, et particulièrement en France, les élections européennes ont été boudées, méprisées. Pourquoi? En raison, notamment, d’un « défaut de démocratie ». Mais la démocratie est piétinée par l’Union elle-même: Si vous cherchez les résultats des petits partis sur le site de l’UE, vous ne les trouverez pas. On ne parle que des grands partis. Et les listes en présence proposaient des programmes parfois étranges, voire scandaleux. On peut, dans ces conditions, se demander ce que représente une démocratie qui néglige les petits partis et en même temps laisse se monter des listes avec un programme aberrant ou quasiment illégal.

La démocratie est-elle un luxe? Bien sûr que non: les sociétés civiles existent « de plus en plus » vis à vis de pouvoirs qui voudraient les museler. Et Internet, dans ce cas, sert de relai efficace. Le réseau des réseaux manifeste à sa façon cette interconnexion des peuples et leur pouvoir de pression sur les fameuses « élites » qui semblent effectivement coupées des réalités sociales de leurs pays respectifs. Un nouveau modèle politique est-il en train d’émerger? C’est possible. Soyons attentifs!

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