Les voitures chassées des métropoles : le cas de Paris

On se demande à quoi pensent les patrons et ingénieurs de Peugeot qui s’étonnent que les ventes aillent si mal. Sont-ils à ce point autistes pour ne pas voir et savoir que dans les métropoles des pays riches, on n’aime plus les voitures. Tout est fait pour décourager les automobilistes d’en avoir. A Paris, la politique anti-voiture des socialistes bat son plein, plébiscitée par 63% des Parisiens (1). Cela n’est pas près de s’arrêter avec la nouvelle élue qui amplifie cette chasse aux voitures. Haro sur les citoyens égoïstes qui pollueraient la capitale au lieu de prendre les transports en commun ! Après le tabac qui stigmatise les accrocs de la tige, voici les automobilistes avec les voitures diesel – dont on a encouragé les ventes par les fameux pots catalytiques – qui sèment leurs particules fines mortifères.

Un siècle après avoir été inventée pour accroître la mobilité, la voiture qui a réaménagé de fond en comble les territoires est sur son déclin. Elle a perdu son rôle de marqueur social. Les jeunes habitant les grandes villes n’ont plus besoin de permis ni de voiture pour marquer la distance avec les adultes, et ne rêvent plus d’en avoir une. Elle grève des budgets en réduction : à 6000 euros par an, en incluant l’amortissement, la voiture devient un luxe. Ceux qui ont choisi les banlieues et leurs pavillons jardinés mais qui se trouvent piégés par la distance à leur travail l’ont appris à leurs dépens.

C’est bien simple. A Paris, 20 000 places de stationnement ont disparu en dix ans ! M. Bolloré qui affiche sa pub en échange d’un « service » avec Autolib’ et Vélib’ a été très gourmand : on lui a laissé un tiers des places pour son business. Et les autres places sont conquises par les résidents qui bénéficient d’un tarif très bas, dissuadant le Parisien de prendre son auto pour aller au travail. Du coup, une fois occupée, la place peut le rester des semaines entières ! Pas très accueillant pour ceux qui ont besoin d’un véhicule… On dit que 3 véhicules sur 10 tournent à la recherche d’une place. C’est sans doute exagéré. Mais il est sûr que la plupart des parkings sont si peu engageants et le racket au prix des places si dissuasif que là encore, l’automobiliste en est pour sa pomme.

Quant à la circulation, tout est fait pour les bus, piétons, vélos. Si vous circulez en bus, vous pouvez voir la thrombose automobile s’installer pour un rien. Alors qu’on annonce des baisses de circulation de 25% qui ne convainquent personne, et surtout pas les taxis. Avez-vous demandé à un gamin qui vous accompagne de compter les feux tricolores sur un parcours ? Il s’y perd vite tant ils semblent avoir été multipliés pour ralentir le flux de circulation. Et ce n’est pas fini puisqu’Anne Hidalgo rêve d’imposer le 30 km/h partout, que les voies cyclables vont s’allonger, le tramway continuer sa conquête. Les accrocs aux chiffres annoncent 60% des déplacements à pied, une mode du vélo avec près de 100 000 trajets quotidiens (chiffre invérifiable). « Mais, constate Jean-Loup Madre, directeur de recherche à l’Institut français des sciences et technologies des transports, de l’aménagement et des réseaux (IFSTTAR), les vases communicants entre la voiture et les transports en commun restent limités à court terme pour une raison simple, Même si l’offre de transport collectif a augmenté, sur certains trajets elle est saturée. » (1) Les 2500 Bluecar et leurs 50 000 abonnés sont jugées comme un succès. Et il faudra se faire à l’autopartage permettant de réserver une voiture pour quelques heures.

Enfin, la circulation alternée en cas de pic de pollution va devenir la règle. Sauf pour les artisans qui ne savent déjà plus comment stationner et font facturer aux clients ces temps de recherche d’une place. Sans compter les livreurs d’objets achetés sur internet… « Dans un sondage réalisé à la fin de l’an dernier par la CCI Paris-Ile-de-France auprès de 900 patrons de PME, plus d’un sur cinq envisageait de quitter la capitale en raison des problèmes de transport ! Quant aux chauffeurs de taxis, ils pestent évidemment. « Cela a une incidence directe sur notre disponibilité », déplore Gilles Boulin, secrétaire général du syndicat des sociétés coopératives de taxis, qui compte 1.200 adhérents. Selon lui, la généralisation des 30 km/heure dans Paris va encore allonger le temps de parcours des courses, et donc augmenter son prix pour le client. » (1)

Et maintenant, tous chez Renault pour acheter la voiture de nos rêves….

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(1) Sondage BVA cité par Les Echos, 27 mai 201

 

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