L’Arabie saoudite en guerre contre les Etats-Unis


Pour une fois, la guerre n’est pas douloureuse. Cette guerre économique étrange de l’or noir lancée par l’Arabie saoudite il y a quelques semaines, se place exactement à l’opposé de celle qui fut déclarée en 1973. Le célèbre choc pétrolier de 1973 avait rompu la croissance des Trente glorieuses dans les pays riches et donné naissance à un groupe de pétromonarchies entre mer Rouge et Golfe persique. Aujourd’hui, l’Arabie ouvre grand les vannes et le prix du baril s’effondre à 50% de son niveau en quelques mois.

L’Arabie revient dans le jeu mondial. En tant que premier exportateur mondial, elle entend rester celle qui fait les prix. Pour quelles raisons ? Veut-elle gêner l’Iran qui a plus que besoin d’un prix du brut élevé pour une population jeune et en croissance ? Ou la Russie de Poutine très handicapée par les sanctions commerciales que l’Europe et les États-Unis lui ont infligée dans la guerre avec l’Ukraine ? Non, l’Arabie saoudite est, elle-même, très gênée par l’abondance américaine de gaz de schistes qui lui imposeraient de fermer certains puits pour maintenir un marché fortement demandeur.

Ces prix bas qui constituent une aubaine vont-ils durer ? Les producteurs de pétrole de schiste aux États-Unis vivent une violente crise, de nombreuses entreprises font faillite.  L’Arabie saoudite a-t-elle mis en mouvement une machine infernale ? Nul ne le sait. On connaît la riposte occidentale contre les  prix élevés durant le choc d’après-1973 : plus de technologie, plus de prospection, plus d’énergie de substitution. D’aucuns parient que l’Arabie saoudite dont la population croît rapidement risque d’en payer le prix fort, elle-aussi, vu sa dépendance au pétrole cher.

(voir aussi Le Monde)

Image en une: la raffinerie géante de Jubaïl, gérée par Total


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