Laguiole a perdu son nom

Laguiole. Ses couteaux, son fromage, son restaurant Michel Bras triplement étoilé. Eh bien, voici 1300 Rouergats qui se sont réveillés en septembre 2012 dans une commune… sans nom ! Laguiole, petite ville du XIIIe siècle, rayée de la carte.

Le panneau du village a été démonté à cause d’un jugement permettant à un entrepreneur du Val-de-Marne, de vendre sous la marque Laguiole des couteaux et des barbecues fabriqués… en Chine. Ce « vampire de Laguiole », Gilbert Szajner,  connaît bien la puissance des toponymes puisqu’il a acheté « Laguiole » pour trente huit classes de produits comme des meubles, des parfums, des bijoux, des chaussures, des lunettes, des stylos, des pipes, des stylos, des vêtements, des casseroles et même du vin…

Arnaud Montebourg aurait pu présider la séance de démontage du panneau de la commune puisqu’on est bien là dans un avatar de la mondialisation. Et pour le redressement productif de l’Aubrac, il va falloir s’activer. Car produire du « Laguiole » en Chine et le vendre dans les boutiques du village, les Laguiolais apprécient moins, eux qui se sont battus avec toute l’économie locale pour faire de Laguiole une vraie marque.

Laguiole, un terroir devenu une marque ? La Champagne, la Bretagne, le Bordeaux et tant d’autres régions de France, d’Europe et d’ailleurs, ont intérêt à faire changer la loi sur les indications géographiques protégées (IGP) pour les étendre aux produits manufacturés et protéger un savoir-faire.

Gardé par des leaders de talent comme Jacques Valadier de la coopérative Jeune Montagne ou le cuisinier Michel Bras, Laguiole doit pointer son couteau là où ça fait mal.

G. F.

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