Bienvenue dans le monde de Big Brother?

PRISM, voilà un nouveau nom à ajouter à la liste, déjà assez longue, des inventions de plus en plus sophistiquées imaginées pour surveiller nos faits et gestes. Cette nouvelle fuite révèle un projet très ambitieux de « mise sur écoute » via les grands réseaux, de tout un chacun.

Lorsque Mikhaïl Gorbarchev lança le terme glasnost en 1985, traduit par transparence, il ne pensait certainement pas à la transparence des consciences devant l’appareil d’État, mais tout au contraire à celle des institutions officielles vis à vis de l’opinion nationale et internationale. Dans le même mouvement, cette « transparence » est devenue une injonction éthique pour les grandes entreprises et les institutions qui devraient d’une manière ou d’une autre rendre des comptes à la dite « société civile ».

En réalité, le développement des réseaux et la promotion d’un certain exibitionisme intime ont concouru à nous rendre transparents aux yeux des marchands, des espions, des escrocs et des crapules. Joli retournement devant nos écrans: alors que nous croyons regarder le monde à travers eux, ce sont eux qui nous scrutent, exactement comme le trop fameux Télécran du roman d’Orwell, 1984.

Pour qui a réussi à lire ce roman jusqu’au bout, il est facile de transposer la terreur sournoise que représenterait la surveillance généralisée de tous par tous. Mais le plus frappant est que cette surveillance est voulue et recherchée, notamment par le biais des réseaux sociaux.

Car autant nous cherchons des informations par le web, autant nous somme recherchés par lui. Nos traces électroniques sont omniprésentes, et elles posent de sérieuses questions d’éthique.

La « guerre au terrorisme » de Bush II a été le coup d’envoi d’une paranoïa planétaire devant laquelle la protection de la vie privée n’est plus qu’un vœu pieux.

La technique est alors le cheval de Troie qui fait passer l’inacceptable sous les aspects enchantés du « mieux » et du « plus facile ». Si l’on y ajoute les projets grandioses de ce qu’il faut bien appeler la secte Transhumaniste, on en arrive à un monde plutôt inquiétant, c’est peu dire.

Nous resterait alors le bon vieux courrier postal, opaque et indétectable actuellement par toutes ces machineries informatiques d’une complexité effrayante.

La National Security Agency, digne héritière de l’époque maccarthyste, qui avait inventé le terme de « unamerican activities », se permet ainsi d’entrer chez vous sans coup férir, pour le plus grand bien de leur sécurité bien sûr. Mais pas forcément de la vôtre, quoiqu’ils en disent!

De sorte que l’on croie sincèrement que la sécurité doive l’emporter sur tout.

Ci-dessus: les serveurs géants de la NSA

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