Turquie, Brésil, Chine, quel rapport? Le réseau bien sûr!

Ci-dessus: Émeutes dans les rues de Belo Horizonte, troisième ville du Brésil

 

Après la Turquie, le Brésil? Et la Chine pourrait-elle suivre, malgré tous les contrôles policiers? Les instances de contrôle du Net peuvent-elles tout contenir, tout endiguer? En cette époque de basculement technique, on peut légitimement se poser la question…

Toutes ces manifestations ont au moins un mérite: révéler la morgue et le mépris cinglant de dirigeants « élus » qui s’assoupissent sur la démocratie et en font leur chose. Est-ce le grand retour du peuple? Ce mot, comme l’expression de lutte des classes, semblait passé de mode, ringard et décalé par rapport à la réalité. Mais comme on peut lire dans la constitution des États Unis « We the People », « Nous le Peuple », on peut lire dans ces manifestations la même volonté d’exister politiquement et surtout de dépasser des structures pseudo-démocratiques qui servent à se donner bonne conscience face aux dictatures, mais surtout à légitimer des élites effectivement corrompues.

Comment pourraient-elles résister à la tentation, au Brésil comme ailleurs? Tant d’argent investi, tant d’occasions d’arrangements, de détournement, de confusions entre le privé et le public, qui n’est pas reconnu.

L’idée de bien commun n’a jamais été autant attaquée que de nos jours: depuis la fin de la Guerre froide et la disparition de l’Union Soviétique qui, qu’on le veuille ou non, représentait un contrepoids idéologique (sinon idéal) à l’ultralibéralisme, c’est la curée: tout est bon pour gagner le plus d’argent possible et, comme disait Père Ubu, « prendre la Phynance et s’enfuir ».

Nous en sommes là, mais l’âge des réseaux semble sonner le glas de ces pratiques. Non, la cupidité ne gouverne pas (encore) le monde, et surtout une nouvelle forme de démocratie semble émerger. Sans tomber dans l’utopie technicienne, il semble tout de même que les réseaux réactivent l’idée de démocratie directe. La Raison d’État en prend pour son grade, mais qui pourrait s’en plaindre?

C’est ce qui fait trembler ces dirigeants si sûrs de manipuler l’opinion à leurs fins. A cet égard, la réaction de ce cher M. Barroso aux critiques qui lui étaient adressées est très éclairante: Mais qui sont ces manants qui osent nous défier?

Cela rappelle d’autres temps. Autrement dit, un système de gouvernement peut en cacher un autre, et une « démocratie » peut s’avérer fasciste dans ses pratiques et ses méthodes de maintien de l’ordre.

Mais la répression elle-même est de plus en plus difficile: il suffit qu’un manifestant filme un policier en train de commettre une exaction pour enflammer le net et attirer l’attention sur l’événement. Réprimer en douce n’est plus trop d’actualité, même si certains régimes y parviennent encore.

Alors, 2013, nouveau printemps des peuples? On peut s’interroger, mais les manifestants d’Istanbul, Sao Paulo et ailleurs partagent une attitude et des tactiques proches: les réseaux abstraits du Net trouvent des relais physiques concrets dans les rues et les places.

Cela prouve au moins que la technique répond au symbolique et vice-versa. L’espace en est le point commun. Cela fait autant de pistes à explorer pour la géographie.

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