Canicule juin 2015 : l'Etat nounou

Canicule en Europe : et alors ?

ÉVELINE DHELIAT mouline la météo

ÉVELINE DHELIAT mouline la météo

Les Français se moquent des paysans qui avaient le nez sur le baromètre et qui scrutent l’horizon sur Météo France. La vie en ville les affranchit du temps qu’il fait sauf quand il neige, en cas de tempêtes et leurs lots d’arbres cassés et quand le thermomètre s’affole à la hausse. Les médias pointent les records et tapissent les écrans de cartes devant lesquelles des pinups moulinent les bras. Les Echos (30 juin 2015) racontent que les économistes et les patrons se fichaient de la météo comme les canards de la pluie.

Pourtant, Jean-Marc Vittori compte les métaphores climatiques : « climat des affaires, coup de tonnerre, fragile printemps, grand gel et autres tempêtes sur les marchés ». A la FED aux Etats-Unis, la météo intéresse les dirigeants, tout comme on s’aperçoit désormais qu’un hiver doux passe mieux quand on reçoit la facture énergétique.

Canicule carteLe grand esprit qu’était Montesquieu n’évita pas les âneries qu’on servait sur « le climat chaud » qui amollit les corps. Pour lui, le climat était un vrai sujet de « gouvernement des hommes » avec la religion, les lois ou l’histoire. Les chercheurs du MIT de Boston  n’ont pas manqué de faire des liens entre les températures et les revenus dans 8000 villages des douze pays d’Amérique. Bilan des courses : le revenu baisse jusqu’à 2% quand la température monte d’un degré. La belle affaire ! Harvard enfonce le clou : « Les années plus chaudes que la moyenne sont associées à un revenu par tête plus bas dans les pays déjà chauds et une production par tête plus élevée dans les pays froids : approximativement de 3 à 4% dans les deux sens. » Pour Vittori, il existerait un optimum biologique qui favorise la quantité et la qualité du travail.

Et la clim’ dans tout ça ? Elle confirmerait ces variations, toutefois sans effets les week end… Eh, M. Macron, le week end, chômé ou non, n’a pas d’impact sur la croissance…

Plus sérieux sont les impacts des cyclones : « Un cyclone puissant se traduit au bout de vingt ans par un revenu par tête amputé de 7,4% ». Vérifié à Haïti… Vérifié si l’on compare avec les guerres civiles, les crises bancaires. Il faut relire Effondrement de Jared Diamond et son cortège de catastrophes environnementales liées à l’homme qui ajoute sa patte aux malheurs du ciel.

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  1. Pierre Chabat

    Chaud de vent !
    Le quotidien de nos vies modernes est envahi d’une discussion hautement philosophique sur l’état du temps. Chacun s’appliquant à le qualifier de beau, moche, fatigant, jamais vu, exceptionnel, les conversations s’enfoncent dans une espèce d’abîme de banalité qui, finalement, nous fait ni chaud ni froid. Seuls les météorologues déploient médiatiquement leur art de statisticiens zélés, moyennant à gogo sur les ondes en devisant sur l’évolution historique moyenne et saisonnière de l’intempérie. On pourrait penser que tout ceci étant du vent, la chose ne prêterait pas vraiment à conséquence. Eh bien, non, industrialisation oblige, il faut intégrer la précipitation dans sa première assertion, en se dépêchant d’invoquer l’impact économique et écologique que va avoir la rosée du matin sur le niveau des mers et, finalement, prendre le temps pour agent comptant. En passant au gel des salaires l’été, nous réduirions la consommation d’énergie d’autant, la planète ne pourra que mieux se porter, et les idées en seraient plus rafraichies.
    Prenons donc le temps de faire les choses sans oublier que même étant moderne, et contrairement à la valse qui en a quatre, le bon temps n’a qu’un temps.

    Publié le 1 juillet 2015 à 09:07
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